BRÉSIL – ÎLE DE TINHARÉ : Vivre sans voiture : plaisir ou contrainte ?

cheval charrette tinharé
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Dans certaines parties du monde, vivre sans voiture est impensable. Dans d’autres, au contraire, les voitures sont interdites.  Pourquoi certaines localités font-elles le choix d’interdire l’usage des voitures sur leur territoire ? Quelles sont les raisons qui les poussent à supprimer les véhicules motorisés ? Quelles alternatives offrent-elles à leurs habitants ? Exemple avec l’île de Tinharé, au Brésil.

Tinharé, une île sans voiture

Morro de São Paolo, un village situé au nord de l’île de Tinharé, est un paradis touristique. Le temps y passe lentement, les plages y sont belles et le climat doux. Reliée au réseau électrique depuis les années 1980 seulement, l’île n’a pu se développer qu’en bénéficiant de sa proximité avec la capitale économique de la région, Salvador de Bahia. Elle abrite en outre des trésors architecturaux de l’époque coloniale classés au patrimoine historique brésilien.

Une autre caractéristique rend l’île des plus appréciables : c’est un espace car-free, c’est-à-dire sans voiture. En effet, la circulation automobile y est complètement interdite. Il y a, bien sûr, quelques exceptions comme les navettes offertes par les hôtels les plus éloignés de la plage, ou les véhicules à usage spécifique tels que la police, les ambulances, les camions de pompier et les camions à ordures. Ces mesures sont inscrites dans la législation locale. Les Brésiliens comprennent l’authenticité de cet environnement et veulent le préserver.  On s’y déplace donc en charrette, à cheval, à dos d’âne, en vélo, en bateau…  On peut, en outre, visiter les ruines d’une ancienne forteresse portugaise à pied et descendre du phare au sommet de la butte en tyrolienne ! Alternatifs pratiques, bon marché et sans danger pour l’environnement.

piétons à tinharé

chevaux sans voiture tinharé

L’île de Tinharé n’est pas la seule au Brésil à être car-free. Ainsi, l’Ilha Grande, à proximité de Rio de Janeiro, ferme-t-elle ses portes aux voitures pour préserver son écosystème d’une grande rareté (forêt tropicale humide). L’Île de la Paquetà, située dans la baie même de Guanabara, est également interdite aux véhicules motorisés. Dans le nord du pays, l’Île de Maiandeua, zone de protection de l’environnement, bannit aussi son accès à l’automobile.

Un mouvement à l’échelle mondiale

D’après Marcel Robert, fondateur du site Car-free France, certaines îles ont toujours vécu sans voiture. Elles sont car-free par coutume. Leur éloignement géographique, l’absence d’un réseau routier, ou les difficultés de transport des voitures par-delà les océans, sont autant de raisons qui ont convaincu les autorités locales de bannir les voitures.

D’autres îles sont car-free pour des raisons réglementaires. Dans une optique de préservation du site, la circulation y est interdite par la loi. Ces îles sont très nombreuses mais les plus fameuses demeurent sans doute Venise en Italie et le Mont Saint-Michel en France.

Conséquences d’un tel mouvement : « Une vie sans accident de la route, sans pollution, sans bruit, sans réchauffement climatique. Une vie avec plus de liens sociaux, plus de respect les uns envers les autres, plus d’harmonie avec l’environnement, précise Marcel Robert. Au lieu d’apparaître comme une contrainte, cette vie sans voitures est un mode de vie plus que jamais, de nos jours, souhaitable. » Avoir une conscience car-free implique d’avoir envie d’améliorer la qualité de sa vie d’être humain, et d’être prêt à faire les sacrifices nécessaires pour s’adapter à la nature. Le tout est de savoir comment équilibrer cette philosophie qui peut paraître utopiste face aux enjeux du 21e siècle.

Par TVR – Équipe Le Fil Rouge –
© Images : Tina Mouneimné

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