CORÉE DU SUD – “Gazza Talk, application pour personnes en mal d’amitié”

Dernière née des développeurs coréens, l’application pour smartphone Gazza Talk a provoqué l’événement. Le concept est simple: il s’agit de créer des relations amicales virtuelles.

En 1996, les japonais lancaient sur les marchés un petit gadget électronique en forme d’oeuf, le tamagotchi. Les utilisateurs devaient dresser un animal virtuel. Véritable coup de poker, le jouet avait été vendu à plus de 76 millions d’exemplaires dans le monde. L’engouement pour Gazza Talk n’en est pas encore là mais l’application compte déjà plus de 4 millions d’utilisateurs en Corée du Sud (principalement des adolescents).

 

En coréen, Gazza Talk pourrait se traduire par “c​ onversation av​ ec un faux-ami”. Vous conversez avec un “ami” sur le principe des messageries, comme sur n’im​ porte quel ​tchat.

​ Sauf qu’ici, “​l’ami” avec qui vous discutez sort tout droit de votre imagination. Vous choisissez vous-même les caractéristiques de votre interlocuteur: son sexe, son âge, son nom (vous pouvez choisir le nom d’une célébrité), sa personnalité (chaleureuse, timide, drôle, agressif,…) et même le niveau de politesse qu’il devra utiliser avec vous! Pour terminer, vous lui attribuez une photo et le tour est joué.

Le rôle principal de votre nouvel ami est de vous soutenir émotionnellement.
Par exemple, si vous prévenez votre ami virtuel que vous avez passé des examens, il vous interrogera sur l’épreuve. Si vous dîtes à votre ami virtuel que vous vous sentez seul, il vous réconfortera avec des “tout va s’arranger” et des “ne t’inquiète pas”. Le niveau de profondeur de la conversation n’ira, cependant, pas plus loin.

Le créateur de l’application, Jang Tae-gwan précise que c’est “le vide émotionnel dont souffrent les jeunes coréens” qui permet au produit de se démarquer des autres applications.
En effet, en Corée du Sud, les jeunes adolescents éprouvent un vrai sentiment de solitude. Cette catégorie de la population, ultra-connectée, est très soumise aux pressions de la société et succombent plus facilement à ce genre de nouveauté numérique.

De nombreux sociologues voient en cette application un reflet des difficultés des jeunes à entretenir des vraies relations avec leurs semblables. Selon les analyses fournies par l’université nationale de Séoul, 58% des adolescents coréens ont des relations amicales instables et 1 étudiants sur 5 serait victime de harcèlement à l’école. Ils recherchent alors une source de réconfort et c’est vers le monde virtuel qu’ils se tournent.

La Corée du Sud connaît le plus haut taux de suicide chez les adolescents. Pour les psychologues, cette application est dangereuse car elle ne fait que masquer le problème.

“Les jeunes coréens ne vont plus vers les autres et n’interagissent plus entre eux. Pire même, l’école les conditionnent à l’isolement en ne les faisant plus travailler ensemble”. C’est ce que souligne Lee Jae-mok, consultante en application de rencontres.

A la vitesse à laquelle prolifèrent les applications, il semble de plus en plus difficile de continuer à vivre dans le réel. Il existe même une application pour personnes célibataires leur permettant d’avoir une vie de couple virtuelle et qui répond au doux nom de Invisible Girlfriend/Boyfriend.

Par Nadia Keriche – Le Fil Rouge.

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