twitter police espagnole
Capture d'écran du compte Twitter de la police espagnole

ESPAGNE – Le compte Twitter de la police espagnole, une véritable success story

En janvier 2017, le compte Twitter @policia compte 2,6 millions d’abonnés. C’est plus d’abonnés que le compte du FBI (1,85 million) ou que le compte de la police française (260 000) ! Sur un pays de 47 millions d’habitants, cela signifie que 6% des Espagnols suivent les posts de la police nationale espagnole sur Twitter. Très active sur les réseaux sociaux, la @policia possède aussi un profil Instagram, une page Facebook et une chaine Youtube ! Une popularité qui fait des jaloux, surtout dans les pays où la police est pointée du doigt.

Créé en 2009, le compte Twitter de la police espagnole est aujourd’hui une institution. Initialement utilisée comme simple outil de communication, la police a été agréablement surprise du succès inattendu de son compte Twitter et a décidé d’impliquer les abonnés pour aider les agents dans leur travail. Dorénavant, elle n’hésite plus à solliciter l’aide du lecteur et s’adresse directement au public pour obtenir des informations : diffusion de photos, portraits-robot, appels à témoins… Cette méthode a permis la résolution de nombreuses enquêtes (allant du kidnapping au trafic de drogue.

L’affaire Ashya King

En 2014, Ashya King, un petit garçon britannique de 5 ans atteint d’une tumeur au cerveau, est enlevé à l’hôpital de Southampton par ses parents. Témoins de Jéhovah, ils refusent le traitement médical décidé par l’hôpital qui va à l’encontre de leurs pratiques religieuses. L’hôpital donne l’alerte et un mandat d’arrêt européen est émis contre M. et Mme King. Prenant la fuite vers l’Europe du sud, ils sont retrouvés en Espagne, grâce à un tweet de @policia. La police espagnole a relayé sur son compte la photo de l’enfant et reçoit quasiment instantanément des appels de témoins ayant aperçu l’enfant.

 

La @policia contre le trafic de drogue

Quand elle s’attaque au trafic de drogue, la police ne fait pas de détour et s’adresse ouvertement à ses abonnés. Elle poste le message suivant : « Si vous connaissez quelqu’un, un groupe de trafiquants de drogue, ou des lieux de trafic, dites-le nous à antidroga@policia.es#CONFIDENTIAL, et on les arrêtera. ». La police ne s’attend pas à recevoir autant de renseignements. Grâce à ce tweet, de nombreux dealers sont repérés et arrêtés. Une opération réussie qui a également été mise en place pour démanteler les réseaux de pédophiles.

 

Un modus operandi qui séduit à l’étranger

Comme l’explique l’officier Guerra, manager des réseaux sociaux de la police espagnole, « ce nouveau mode de travail a totalement bouleversé les méthodes classiques utilisées jusqu’à maintenant. D’autres polices dans le monde nous prennent comme référence et nous demandent notre aide. » C’est une méthodologie simple, efficace et très peu coûteuse, surtout pour les pays en développement. L’officier Guerra ajoute que des représentants d’Amérique latine, de Corée du Sud, de Tunisie et du Maroc, sont venus s’inspirer de l’expérience espagnole et suivre des formations à la Policia Nationale. Même le département de police de New York a annoncé que les commandants prendraient un cours sur l’utilisation de Twitter et sur la libération des informations.

Les limites de l’outil Twitter

Où est la limite à l’utilisation massive des réseaux sociaux ? Certaines forces de police ont récemment rencontré des problèmes liés aux lois sur la protection de la vie privée et l’affichage de messages inappropriés par les agents individuels. À New York, la formation Twitter a été mise en place après qu’un agent de police a posté un message personnel sur la mort d’une femme tombée sur les voies du métro depuis son iPad à son domicile. Le policier, choqué, n’avait pu s’empêcher d’exprimer ses sentiments et avait manqué de professionnalisme. Les publications doivent être contrôlées et adaptées selon les cas.

De l’utilisation inappropriée de Twitter

Dans le cas de Ashya King, le petit garçon kidnappé par ses parents, la police anglaise avait été pointée du doigt. En lançant publiquement un mandat d’arrêt, la police faisait passer les parents pour des criminels en fuite et non comme des parents cherchant une solution alternative pour soigner leurs fils. De nombreux parents, émus par l’affaire, ont jugé que la police avait dans ce cas, manqué de sensibilité.

Une mauvaise publicité pour la police britannique qui doit déjà faire face aux dérives des utilisations réglementées des réseaux sociaux par ses agents. En effet, en Angleterre, en vertu de la loi britannique sur la protection des données, la police dispose d’une large latitude pour utiliser et diffuser l’information. Cependant, la police britannique a enquêté sur 828 cas dans lesquels des policiers ont été accusés d’avoir abusé des médias sociaux, y compris l’affichage de commentaires racistes et menaçants. Près de 10% des cas se sont soldés par la démission, le congédiement ou la retraite des officiers accusés. Même si les réseaux sociaux ont su gagner leur place au sein des polices nationales, ils restent dont un outil dangereux qu’il faut apprendre à utiliser.

Par François V. – Équipe Le Fil Rouge –

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