homme maorie tire langue
© Graham Crumb/Imagicity.com

NOUVELLE-ZÉLANDE : La carte de la culture Maorie

Entre 2015 et 2016, Anne a réalisé un tour du monde en famille, avec ses deux enfants de 5 et 8 ans. Elle raconte ses aventures et ses impressions dans un blog dédié, Les échappés du bocal. Son voyage en Nouvelle-Zélande est une surprise. La culture maorie, que l’on associe facilement au pays, n’est en fait qu’une des composantes de la société néo-zélandaise. Loin d’être majoritaire ! Durant son séjour, elle découvre un héritage plus complexe entre assimilation et oubli des traditions.

Contre toute attente, les Maoris représentent environ 15% de la population néo-zélandaise. Celle-ci n’est donc pas maorie. Le peuple maori est en fait une minorité vivant principalement sur l’île du nord. Ne vous attendez pas à croiser des guerriers tatoués de la tête aux pieds, prêts à danser le Haka en tirant la langue et roulant des yeux à chaque coin de rue. Vous risqueriez d’être déçu !

Les Maoris, les Gaulois de Nouvelle-Zélande ?

Non seulement la culture maorie est l’apanage d’un tout petit nombre, mais il y a un vrai débat sur la question. Il y a ceux qui disent qu’elle est comparable à la culture gauloise chez nous, une culture ancestrale sur laquelle la société néo-zélandaise repose, et qui s’est dissoute dans la société actuelle comme une juste évolution du cours des choses. Les Maoris ont été les premiers habitants de l’île. Mais la colonisation européenne a profondément bouleversé leurs réalités et a dilué leur culture dans une société néo-zélandaise plus métissée. On leur a imposé de laisser tomber leur langue, leurs dieux, leurs coutumes.

maorie

C’est aujourd’hui le mélange des cultures maorie et européenne qui façonne l’identité de la Nouvelle-Zélande. Alors, oui, en cela, la culture maorie est une culture ancestrale, orale, faite de croyances dépassées et de légendes obscures destinées à tomber dans l’oubli comme la culture gauloise. En France, peu de gens connaissent le nom des dieux gaulois et se racontent encore les légendes de nos ancêtres le soir au coin du feu ! On trouve peu de repères gaulois dans notre quotidien français actuel, alors pourquoi en serait-il autrement pour la culture maorie ?

La culture maorie, terreau de la culture moderne

Pourtant, en mal d’identité propre, les Néo-Zélandais ont pillé la culture maorie. Les traditions et les pratiques maories ont été transmises lorsque l’appropriation des gestes et rituels se faisaient dans le respect de leurs croyances. Bien évidemment, c’était loin d’être toujours le cas. C’est ainsi que la danse du Haka, au départ une danse maorie, la plus guerrière, s’est transformée en symbole de l’équipe de rugby des All Blacks.

Le tourisme, lui aussi, a misé sur la carte maorie pour développer une identité forte alors que l’essor touristique reposait jusque-là essentiellement sur la nature. La culture maorie, annihilée, répudiée, réduite à néant, s’est vue propulsée au firmament de la société néo-zélandaise, acclamée internationalement dans les stades de rugby. Au fond, la Nouvelle-Zélande s’approprie la culture de ses premiers ancêtres, juste retour des choses. Mais sans reconnaître qu’elle n’est pas forcément légitime dans ce rôle de porte-parole. De quoi agacer plus d’un Maori pure souche, avouons-le.

signe maorie paysage nouvelle zelande

Des revendications politiques et identitaires

Depuis les années 1960, on assiste à un regain de la présence de l’identité maorie en tant que telle. L’activisme politique du peuple autochtone éveille les consciences et force le gouvernement à prendre en compte tout un peuple spolié de son territoire et de son droit élémentaire à la reconnaissance de sa culture. La langue maorie est déclarée langue officielle en Nouvelle-Zélande en 1987 et est de nouveau enseignée à l’école. Il y a des chaînes de télévision en langue autochtone et les Maoris sont, paraît-il, de redoutables businessmen.

Aujourd’hui, il semble que les Maoris affirment plus fortement leur appartenance culturelle, exigent qu’elle soit respectée et non transformée artificiellement en symbole identitaire, et on peut espérer que celle-ci va se manifester de plus en plus et sortir des ghettos touristiques pour s’afficher au grand jour. Plus sincère et plus vraie que nature. Et la nature en Nouvelle-Zélande, c’est sacré !

Anne Donguy – Équipe Le Fil Rouge

Billet publié le 12/01/2016 sur le blog Les échappés du bocal 

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