ALGÉRIE : Aurevoir Rachid Taha et choukrane!

algérie Aurevoir Rachid Taha et choukrane !
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Le chanteur rockeur franco-algérien est décédé le 12 Septembre d’une crise cardiaque, à son domicile parisien, à l’âge de 59 ans. Il avait œuvré durant toute sa carrière à faire le lien entre culture française et maghrébine. Un artiste intègre.

Entre rock et raï, entre France et Algérie

Sa musique mélange parfaitement les deux cultures (France et Algérie). Comme s’il avait été incapable de choisir l’une ou l’autre, il a su intégrer les spécificités de chacune pour un résultat poétique et mélodique. Intégrer de la guitare électrique à l’oud et la batterie à la derbouka. Chanter un coup en français et un coup en arabe. Avoir des morceaux rock ou raï, voire qui s’apparentent au style chaâbi.

Aventurier musical, il a aussi eu une période alternative. Son deuxième album solo “Rachid Taha” est une ode à la musique traditionnelle. Dans ce disque, il dépoussière certains vieux tubes du répertoire chaâbi comme la chanson “Ya Rayah”. Cette chanson devient rapidement un succès planétaire et il fidélise autour de lui un public raï.

Mais il ne laisse pas pour autant tomber son côté punk et revient à ses premières amours avec l’album Tékitoi sorti en 2004. Sa reprise déjantée du tube des Clashs “Rock the Kasbah” lui permet de conquérir le cœur d’un public plus punk-rock.

Un chanteur engagé

Originaire d’Oran et arrivé en France à 10 ans, Rachid Taha utilisait la musique pour exprimer le sentiment des migrants. Son premier groupe, appelé “Carte de séjour”, lancé dans les années 80, dénonçait clairement les injustices sociales et l’intolérance faite envers les étrangers. A cette époque, la France est celle de Mitterrand. C’est le début du mouvement « Touche pas à mon pote » et de SOS Racisme.  Avec Carte de Séjour, Rachid Taha marque un grand coup en reprenant le très français morceau de Charles Trenet “Douce France”.

Il lance sa carrière solo aux débuts des années 90 avec un premier opus baptisé “Barbès” et continue de proposer des textes porteur de message de tolérance.

En 1998, il forme avec Faudel et Khaled le groupe algérien “1,2,3, Soleil” et c’est le carton. Ils parviennent à rendre populaire la musique raï au delà du Maghreb et le disque connaît un grand succès en France. Là encore, derbouka, bendir et autres flûtes arabes se mêlent aux guitares et basses des musiciens présents sur scène. Pour Rachid Taha, réussir à rassembler un public français et maghrébin durant un concert raï est “un véritable message de partage et de communion”.

Le roi du rock’n raï sera beaucoup regretté.

Pierre Louel – Equipe Le Fil Rouge

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