ALLEMAGNE : Jan Vormann, l’homme qui murmure à l’oreille des Legos

ALLEMAGNE : Jan Vormann, l'homme qui murmure à l’oreille des Legos
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Son projet artistique “Dispatchwork” a fait le tour du monde. Jan Vormann, street-artist allemand s’est fait connaître avec son utilisation ingénieuse des Legos pour réparer les murs des villes du monde. Avec cette opération artistique de grande échelle, Jan Vormann réveille l’enfant qui sommeille en nous mais donne aussi un coup de fouet à notre mode de vie en collectivité.

“Dispatchwork” nous sensibiliser à la préservation de notre quotidien

Vous rappelez vous avoir joué aux Legos quand vous étiez enfant? Quel plaisir que de construire des structures avec ces petites briques de couleur. Bonne nouvelle! Ce plaisir n’est plus réservé aux enfants. Un street-artiste allemand tente de convaincre les adultes de se remettre aux legos, pour préserver leur environnement. Il s’appelle Jan Vormann et depuis 2007, il comble les fissures, les crevasses, les trous dans les murs du monde entier, au moyen de petits legos. Il en a fait un projet mondial intitulé “Dispatchwork” dans lequel il reprend les endroits de la planète qu’il a “réparé” avec ces petits jouets en plastique coloré.  Afin de suivre ses voyages, Jan Vormann a même créé un site web interactif sur lequel on peut retrouver une carte des endroits où il a décidé de laisser son empreinte artistique.

Si au départ, il s’était amusé à boucher le trou dans un mur décrépi d’un bâtiment de Berlin, il a compris l’intérêt ludique et thérapeutique que son idée pouvait avoir sur un environnement donné et sur les gens qui y vivent.

ALLEMAGNE : Jan Vormann, l'homme qui murmure à l’oreille des Legos
© Dispatchwork

Réparer quelque chose fait du bien. Le réparer avec des petits jouets colorés permet d’à nouveau regarder le monde avec des yeux d’enfants. Enfin et surtout, réparer avec des Legos appelle le regard et sensibilise l’habitant à la préservation de son environnement. Par sa démarche, Jan Vormann veut motiver les habitants à se joindre au projet en réparant eux-mêmes les imperfections architecturales de leur quartier, de leur ville. Son projet “Dispatchwork” et sa carte du monde interactive répertorie l’ensemble des contributions citoyennes dans plusieurs dizaines de pays. Pour Jan Vormann, “Dispatchwork” est un jeu “multi-joueurs”: “C’est plus qu’une intervention faite par les mains d’un seul artiste : des centaines de passionné·e·s agissent au grand jour pour réclamer à juste titre leur part de l’espace public. Ensemble, nous avons infiltré le patrimoine culturel et réparé des fissures collectives”.

L’homme doit se replacer dans l’espace public

Pourquoi des Legos? La réponse de l’artiste est simple: ils sont infiniment pratiques et on en trouve partout à bas prix. De toutes tailles et de toutes couleurs, les Legos unissent les deux éléments essentiels du projet: enfance et couleurs. Le plus important pour Jan Vormann est qu’il a pu, au fil des années, en récupérer des milliers gratuitement, par des donations de contributeurs qui ne savaient plus quoi faire de leurs caisses de Legos une fois leurs enfants grandis. Une excellente façon de redonner vie à ses petits bouts de plastique.

ALLEMAGNE : Jan Vormann, l'homme qui murmure à l’oreille des Legos
© Dispatchwork

Là aussi, derrière ce choix de matériaux, l’artiste cherche à rappeler l’utilité de l’acte de réparer, recycler et réutiliser. On ne va pas détruire un mur si l’on peut le réparer, ni jeter un objet si l’on peut lui trouver une nouvelle utilité. Le plus important est de rappeler à l’homme “l’intérêt du vivre-ensemble et du collectif”. “L’homme qui vit dans un quartier doit s’en soucier. Il doit se réapproprier l’espace public et participer à un projet artistique global l’aide à prendre conscience de ce besoin”.

ALLEMAGNE : Jan Vormann, l'homme qui murmure à l’oreille des Legos
© Dispatchwork

Jan Vormann œuvre décidément pour le bien-commun et la vie de quartier. Son dernier projet artistique qui s’est tenu au Venezuela, à Caracas, en 2016, s’appelait “La Toma”. Dans cette grande opération publique, les passants de la ville pouvaient gagner une boisson ou un repas en échange d’un peu de leur temps pour effectuer une mission d’intérêt collectif. Une opération créatrice de lien social qui se retrouve sur le site web de l’artiste allemand.

Mahé – Equipe Le Fil Rouge

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