ASIE : La Ligue d’Improvisation Francophone, des expats friands d’impro

ASIE : La Ligue d’Improvisation Francophone, des expats friands d'impro
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En mars 2018 la LIFA a organisé son premier tournoi de la LIFA à Bangkok. Quatre équipes (celles de Bangkok, d’Hanoi, d’Ho Chi Minh Ville et de Shanghai) ont participé à ce weekend dédié à l’improvisation théâtrale. L’année prochaine, ce seront les gagnants de Hanoi qui organiseront le tournoi chez eux. Nous avons interrogé deux des capitaines d’équipe (Florian, d’ImproKhap Bangkok, et Albane d’ImproFoufou Shanghai) pour leur demander pourquoi ils ont choisi l’impro, et comment ils ont développé le projet.

Le Fil Rouge : Pourquoi faire de l’impro à l’étranger ?

Florian : Certains ont ça dans le sang et prolongent une expérience acquise d’ailleurs. D’autres sont passés par du théâtre et veulent tenter autre chose. Certains arrivent par hasard après avoir vu un spectacle. Pour beaucoup c’est une bouffée d’oxygène. On laisse tomber son masque de la vie de tous les jours pour laisser son imagination prendre le dessus. On peut se mettre dans la peau de personnages que l’on aime ou que l’on hait. On se laisse embarquer dans des histoires où l’imaginaire et l’irrationnel priment.

Albane : Faire de l’impro à l’étranger permet de rencontrer un groupe de nouvelles personnes et de créer avec elles des liens uniques. Lorsque l’on est loin de chez soi en particulier, on cherche à se recréer une famille et l’impro répond parfaitement à ce besoin. L’impro permet aussi de s’affirmer, de prendre confiance en soi et cela permet d’être plus à l’aise dans toutes les activités que l’on entreprend, en particulier dans un environnement nouveau.

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Qu’est-ce que cela apporte au niveau personnel ?

Albane : L’impro permet aussi de développer la créativité, la spontanéité, la tolérance, l’acceptation, l’écoute active, la prise de parole en public, et la liste est encore longue. C’est une véritable école de la vie. L’impro donne la possibilité à chacun d’être complètement lui-même au sein d’un groupe et la personnalité unique de chaque personne s’en trouve magnifiée. Dans notre société aujourd’hui, ce genre de liberté est extrêmement rare.

Florian : On apprend à être devant un public, à parler sans appréhension, à maîtriser ses émotions, son corps et son discours. On apprend également à retomber sur ses pattes quand on est déstabilisé par une situation. Enfin on apprend à dire « oui », à composer avec un autre joueur pour construire. On a tellement tendance à dire « non » dans la vie de tous les jours.

Qu’est-ce que ça apporte au niveau culturel ?

Florian : On apprend ou réapprend des classiques du théâtre pour certaines catégories d’improvisation. On découvre que certaines références théâtrales, musicales ou cinématographiques qui sont évidentes pour certains sont totalement inconnues des autres.

Albane : On s’enrichit de la culture des autres personnes de la troupe. Chaque personne apporte avec elle son bagage, ses références, ses personnages et permet de faire grandir la troupe collectivement. Les références francophones se mêlent aux références du pays dans lequel on se trouve, surtout lorsqu’on y est installé depuis longtemps. Ce mélange est unique puisque chaque troupe est différente.

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 Quel est le type d’humour qu’on voit le plus en Asie?

Albane: on voit beaucoup de stand up en Chine en solo ou petits groupes. La comparaison entre le pays d’origine et le pays d’accueil fonctionne bien et c’est un ressort humoristique qui est fréquemment utilisé. Des pièces de théâtre sont aussi proposées dont certaines humoristiques, souvent des adaptations de textes classiques. Des mini séries de vidéos humoristiques sont disponibles sur internet, comme Maidan! ou les Mama Huhu. L’impro se développe aussi, en anglais, en chinois et en français, surtout à Shanghai.

Quel type d’humour fonctionne auprès de la communauté ?

Florian : On ne cherche pas forcément à faire rire à tout prix sur scène mais l’humour qui marche bien est celui souvent qui provient de situations rocambolesques.

Albane : Il y a beaucoup de Français à Shanghai et chaque spectacle accueille de nouvelles personnes qui ont leur type d’humour favori. En impro ce qui fonctionne bien ce sont les situations décalées et le fait de proposer des personnages forts. Les Français affectionnent aussi les jeux de mots mais ils ne sont pas toujours compris si le public n’a pas le français comme langue maternelle.

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Comment avez-vous monté la LIFA et pourquoi ?

Florian : C’est parti d’une volonté d’aller jouer avec d’autres troupes en Asie. La troupe d’Hanoï rêvait de jouer avec d’autres troupes francophones et après quelques contacts et échanges d’emails, ils sont venus jouer à Bangkok. Ça été le déclic. On s’est dit qu’on devait étendre le principe, et lors de la deuxième rencontre, le premier match de la LIFA incluait 4 équipes d’Asie. Certaines troupes ont décidé de se déplacer dans d’autres pays pour des rencontres amicales. C’est le cas de l’équipe de Bangkok qui est venue jouer à Shanghai avec les équipes locales (ImproFoufou et Zut Alors !). D’autres troupes sont prêtes à tenter l’expérience et on a hâte de se retrouver en 2019 à Hanoï pour la prochaine rencontre.

Quelles ont été les difficultés ?

Florian : Coordonner les différentes équipes et motiver les troupes a demandé beaucoup d’énergie. Le jour J il y a eu des problèmes de retards d’avion, de logistique, mais l’essentiel est qu’on a pu jouer devant un public venu nombreux et qu’on a pu proposer un spectacle de qualité. On espère faire encore mieux l’année prochaine !

Gaëlle Déchelette – Equipe Le Fil Rouge

Retrouvez le site de Gaëlle en cliquant ici ! 

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