AUSTRALIE : Barnaby Joyce, la grande gueule politique dans la tourmente

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Rififi politique au pays des kangourous ! Les derniers mois ont été éprouvants pour l’ancien leader du parti national australien. Barnaby Joyce s’était déjà fait connaître pour son franc-parler, il a récemment été au cœur d’un scandale sexuel qui a ébranlé l’ensemble de son parti politique.

Le Parti National Australien, politiquement correct ?

Après avoir été dominé de 2010 à 2015 par le Parti Travailliste (Julia Gillard puis Kevin Rudd), le gouvernement australien est depuis 2015 entre les mains de la coalition conservatrice constituée du Parti Libéral (dirigé par Malcom Turnbull, actuel Premier ministre) et du Parti National Australien (PNA), dont Barnaby Joyce est un des membres les plus médiatiques.

Sur le plan idéologique, le PNA est conservateur, agrarien, monarchiste et anti-socialiste. Il revendique la défense des intérêts du monde rural et des petites entreprises. Catholiques tendance traditionaliste, ses dirigeants s’illustrent souvent par des propos radicaux et politiquement incorrects.

Barnaby Joyce, le scandale sexuel qui le met K.O.

Quand les histoires personnelles des élus sortent au grand jour, ça peut faire mal. En février dernier, Barnaby Joyce, alors vice-Premier Ministre et président du PNA, a démissionné de ses fonctions suite aux révélations sur une liaison extra-conjugale qu’il entretenait avec son attachée de presse. L’histoire ne s’arrête pas là.

La presse australienne a révélé que Barnaby Joyce, marié et père de 4 enfants, entretenait une liaison avec une membre de son équipe de 20 ans sa cadette et que cette dernière était enceinte de lui. Or, fervent catholique, Joyce a toujours défendu dans ses campagnes les valeurs traditionnelles de la famille. Cette histoire a porté un coup dur à sa carrière et à la réputation de son parti. S’il a tout de suite reconnu et assumé son écart conjugal, il a en revanche réfuté les accusations de harcèlement sexuel qui se sont mises à pleuvoir depuis.

En réponse à cette situation qui entachait la coalition conservatrice, le premier ministre Malcom Turnbull a vivement critiqué le comportement de son adjoint. Il a ensuite proposé d’interdire les « relations sexuelles » entre les ministres et leur personnel.

Barnaby Joyce
© Peter Hardin pour Northern Daily Leader

Touché en pleine ascension, Joyce n’a eu d’autre choix que de démissionner de ses fonctions et de laisser sa place à Michael McCormack comme nouveau leader du PNA et vice-Premier ministre. Politicien conservateur issu d’une région rurale, McCormack a une réputation plus lisse que son prédécesseur même s’il avait été remarqué dans le passé pour ses déclarations hostiles aux homosexuels.

Barnaby Joyce, un habitué du scandale politique

Est-ce la fin de la carrière politique de Joyce ? Arrivera-t’il à faire oublier cette histoire et à revenir sur le devant de la scène ? Habitué des phrases chocs, Barnaby Joyce aime qu’on parle de lui et ne se préoccupe guère des conséquences de ses propos. Ses sorties “sans filtres” et ses frasques font le régal des médias australiens. Souvent coiffé de son chapeau de cow-boy, l’homme politique originaire des Nouvelles-Galles du Sud, avait fait le buzz en août 2017, quand il avait découvert en pleine session parlementaire qu’il possédait également la nationalité néo-zélandaise, par filiation. Cette information d’importance le privait de siéger au parlement australien, qui interdit aux binationaux d’être élus députés. La Haute Cour d’Australie avait invalidé son élection. Il avait dû renoncer à sa nationalité néo-zélandaise avant d’être réélu à la Chambre des représentants.

Autre fait d’armes de ce Trump australien, avoir demandé l’euthanasie des chiens de l’acteur Johnny Depp, entré illégalement sur le territoire australien avec leur maître.

 Thomas Rébusson – Équipe Le Fil Rouge

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