CANADA : Amélie, une vie d’amour dans le grand nord

CANADA : Amélie, une vie d’amour dans le grand nord mariage franco-canadien
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Amélie a grandi dans un petit village du Loir et Cher en France. Un jour, sur fond de crise de la trentaine, un visa travail vacances en poche, elle plaque tout pour se lancer dans l’aventure canadienne. Aujourd’hui elle vit avec Cassidy, son mari canadien, dans une petite ville de montagne et se prépare doucement à l’idée de croiser des ours en rentrant chez elle après le travail ! Aujourd’hui, dans ce texte, elle nous raconte son mariage et le quotidien de son couple biculturel.

Faire de belles rencontres

Ce saut dans l’inconnu (mon installation au Canada) m’a permis de faire de belles rencontres. J’ai découvert des gens avec des histoires étonnantes. Beaucoup de parents ou grands-parents de personnes que je fréquente ont des histoires passionnantes sur leur arrivée dans l’Ouest canadien. C’est un territoire où l’homme blanc est arrivé il y a seulement 150 ans. Il y a pas mal de personnes qui me racontent comment elles ont grandi au fond du bois, sans électricité à puiser l’eau des criques. C’est un territoire où les gens sont venus pour entreprendre, créer, certaines pour vivre reculées dans la forêt au calme. Ce sont des récits très inspirants.

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Les grands espaces

Ici, j’ai surtout rencontré Cassidy, qui est devenu mon mari : nous nous sommes rencontrés via une app de rencontre deux semaines seulement après mon arrivée à Nelson. Nous nous sommes mariés le 6 janvier dernier. Il a 31 ans et est maçon ; il est né à Vancouver mais a grandi à Nelson. C’est un vrai gars des Kootenays comme on dit ici. Il aime le plein air, la randonnée, le vélo de montagne l’été et le ski et le snowboard qu’il pratique en hiver. Et il sait jouer au hockey !

Nous avons fait un très petit mariage avec une quinzaine de personnes. Il a eu lieu dans le centre de yoga d’une amie, là où nous avons nos habitudes. Au préalable nous avions pris contact avec un marriage commissioner, un prestataire privé qui possède une licence pour célébrer les unions. Nous l’avons rencontré une fois avant la cérémonie pour lui expliquer ce que nous attendions et c’est elle qui s’est occupée de toute la paperasse.

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Cassidy & Amélie, un mariage intime et romantique

Mes parents étaient présents par Skype ; ils m’avaient fait la surprise de commander un bouquet de fleurs chez le fleuriste où je faisais faire ma couronne de fleurs. Mon père ne parle pas très bien anglais mais grâce au module de traduction de google, il a pris contact avec la fleuriste pour arranger tout ça. J’ai trouvé ça formidable ! C’est simplement, assis par terre, au son d’un handpan drum (un instrument de percussion composé de deux plaques d’acier en forme de dôme) que nous nous sommes mariés. Les traditions canadiennes et françaises sont les mêmes, embrasser la mariée, jeter le bouquet et couper le gateau : je n’étais pas trop perdue !

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Mari et femme

Se découvrir loin des clichés

Nous sommes donc officiellement un couple franco-canadien. La première chose de taille qui nous différencie c’est la langue, facile à deviner. Au début j’avais beaucoup d’appréhensions. Maintenant ça va mieux même si, parfois, j’ai encore des difficultés pour me faire comprendre ou pour saisir la teneur des échanges. Quelques fois, lors de discussions avec des amis de Cassidy je n’arrive pas à suivre, je loupe un mot et, après ça, impossible de retrouver le fil de la conversation… alors je souris et je pars dans mes pensées, je ris quand ils rient. Je demande ensuite des explications à Cassidy !

Une autre différence notable c’est l’écoute de soi. J’ai commencé à travailler jeune et j’ai été formatée à aller travailler coûte que coûte. Je ne dis pas que c’est typiquement français mais j’ai été habituée à travailler dans des endroits où l’on demandait le travail d’une personne et demi. Cassidy me dit souvent de m’écouter, de ralentir sur certaines activités, il m’incite à veiller sur ma santé et mon bien être. Pour moi c’est nouveau.

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Profiter de la nature

Sur la base de ces différences, de nos découvertes, nous aimons comparer la France et le Canada. Je trouve que les Canadiens anglophones ont une grande admiration pour la France. Cassidy pensait que je savais très bien cuisiner, que je portais du parfum, m’habillais chic et étais experte en vin ! C’est très cliché. En même temps je m’attendais à ce qu’il sache couper du bois et conduire un 4X4.

En fait au-delà de ces idées reçues nous apprenons beaucoup sur la culture de chacun. Avec Cassidy j’ai découvert par exemple l’histoire du Canada et la condition des peuples autochtones en particulier. Il m’a amenée visiter Victoria, la capitale de la Colombie Britannique ; il pensait que j’allais aimer l’architecture. J’ai trouvé ça beau mais ça me faisait penser à Arcachon. Moi, je l’ai emmené sur les plages des Landes pensant l’impressionner alors que lui voulait visiter des vieilles cathédrales. Le Cap Ferret ne l’a pas beaucoup impressionné non plus ; en revanche, il a adoré marcher dans les rues pavées de Bordeaux et admirer tous les vieux immeubles.

Et construire une nouvelle vie à deux

Ici, nous construisons une vie qui nous convient à tous les deux et qui s’égrène à un rythme plus serein. Nous nous levons souvent en même temps. Nous partageons un petit déjeuner qui, la plupart du temps n’a pas grand chose à voir avec celui que je prenais en France : oeuf, bacon, et tartines de beurre de cacahuètes. Cassidy, lui, comme beaucoup de nord-américains, boit énormément de café ! Après ça nous sommes prêts pour aller travailler. On se retrouve vers 17 heures une fois notre journée finie.

En hiver, on ne programme rien de très spécial les soirs : on mange tôt puis on regarde un film le plus souvent. Si on a une journée off on va skier ; la station de ski n’est qu’à 20 minutes de chez nous. En été, on essaie de profiter des belles journées : on retrouve des amis pour aller plonger dans le lac, boire quelques bières et nous relaxer. Les week-ends c’est plutôt randonnées dans la montagne au programme. On essaie de camper au maximum, ça fait partie des traditions canadiennes. Pourtant il y a des ours partout ; pour le coup ce n’est pas qu’un cliché ! Nous voyons souvent des ours bruns ; les grizzlis eux sont plutôt en altitude et évitent les humains donc il y a moins de chance d’en croiser mais il faut quand même rester vigilant !

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Cassidy & Amélie au ski

Je me plais dans ce nouvel environnement. J’ai encore beaucoup de choses à accomplir, je veux aller plus loin dans ma quête d’épanouissement personnel. Avec Cassidy, nous voulons par exemple déménager, nous cherchons une maison à louer à l’extérieur de Nelson, plus ou moins reculée. Suis-je prête à vivre dans les bois en ayant la possibilité de croiser un ours en rentrant chez moi ? Pas sûre ; mais je me prépare à l’idée !

Amélie Sauquet pour Le Fil Rouge

Ce texte est la deuxième partie du portrait consacré à Amélie. Retrouvez le début de son récit ici!

Un commentaire


  1. salut! belle histoire et felicitations!! je suis interessee de savoir si ton union a facilite ton installation au Canada?! merci de ta reponse, je suis en couple mais on risque d etre separe…Report

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