CANADA : Deuxième disparition programmée pour le Titanic ! 

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On pensait qu’un iceberg avait eu la peau du Titanic. Pourtant plus de cent ans après son naufrage l’épave du navire britannique, réputé insubmersible, pourrait bien disparaître elle aussi. En cause, des bactéries extrêmophiles qui dévorent plus de 450 kilogrammes de métal par jour. À cette allure, les scientifiques estiment que d’ici 15 à 20 ans il ne restera plus rien de la coque métallique du célèbre appareil.  

Submergé par un iceberg, dévoré par une bactérie

La nuit du 14 au 15 avril 1912 le Titanic heurte un iceberg par l’avant. Le mastodonte (avec ses 270 mètres de long, il est, à l’époque, le navire le plus grand jamais construit) ne résiste pas à la collision. En moins de trois heures, le bâtiment coule entraînant avec lui près de 1.500 victimes. C’est la plus grosse tragédie maritime enregistrée jusqu’en 1945.

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Depuis, l’épave repose à plusieurs centaines de kilomètres au large de Terre-Neuve, par plus de 3.800 mètres de profondeur. Ce n’est qu’en 1985, plus de soixante-dix ans après le naufrage, qu’une équipe de chercheurs parvient à localiser les restes de l’appareil.

En 2010, des scientifiques canadiens analysent des échantillons prélevés en 1991 sur l’épave. Ils découvrent alors une super bactérie, Halomonas titanicae, qui dévore en moyenne 450 kilogrammes d’acier par jour, soit 165 tonnes par an. À ce rythme, il lui faudra à peine 20 ans pour venir à bout des 50.000 tonnes d’acier du Titanic.

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Un super micro-organisme

En fait, les chercheurs auraient découvert 27 souches différentes de bactéries. Mais c’est bien Halomonas titanicae qui, inévitablement, devrait causer la disparition de l’épave mythique. Henrietta Mann, la responsable canadienne du projet de recherche pour la Dalhousie University à Halifax, explique simplement : « Si l’on file la métaphore humaine, l’on peut dire que les bactéries n’ont pas toutes les mêmes goûts. Si tu présentes à plusieurs personnes une assiette de chocolat et une assiette de fromage, certains préfèrent le chocolat, d’autres le fromage. Pour les bactéries c’est pareil. Ici on a à faire à une bactérie qui aime particulièrement l’acier. »

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Au-delà de son « régime alimentaire », c’est sa capacité à s’épanouir dans des conditions extrêmes, là où toute autre forme de vie est quasi impossible, qui la rend célèbre. Niché à 3.800 mètres de profondeur dans l’océan Altlantique ce super micro-organisme résiste à la pression, à l’obscurité et à la variation de la salinité. D’autres bactéries extrêmophiles du genre Halomanas peuvent elles aussi affronter des milieux plus qu’inhospitaliers : acidité ou températures extrêmes par exemple. Certaines d’entres elles vivent dans la glace ou même dans la pierre.

Un enjeu de taille pour un micro-organisme

Certains s’émeuvent de la mort programmée du Titanic. « Malheureusement étant donné que le Titanic est à 3.800 mètres de profondeur, il est impossible de le préserver » regrette H. Mann. En effet, faire descendre des équipes si bas et créer des appareils adaptés à une telle profondeur coûteraient beaucoup trop cher.

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Mais la découverte de cette bactérie ouvre la voie à des avancées en matière de dépollution ou de sauvegarde des infrastructures industrielles en mer. « J’espère que nos travaux permettront d’avancer sur notre compréhension des bactéries Halomonas. Il y a des plates-formes pétrolières, des tuyaux de fer et d’autres structures dans l’océan qui peuvent se détériorer de la même manière que le Titanic. Savoir comment les protéger serait bien utile » poursuit le docteur Mann.

Croisons les doigts pour que la science décode les mystères avant que l’épave ait définitivement disparu. Le compte-à-rebours est lancé !

Richard Magnier – Équipe Le Fil Rouge

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