CHINE : Pékin 20 ans après… quels changements !

chine pékin 20 ans plus tard avant après
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J’ai fait mon premier voyage en Chine en 1998, à Pékin. Depuis, la Chine ne m’a pas quittée, et je vis à Shanghai depuis douze ans. Le pays est devenu ma deuxième maison, celle où j’ai construit ma vie d’adulte et ma carrière. Mais vivre au quotidien en Chine me fait parfois oublier les débuts d’une relation fusionnelle et parfois compliquée avec l’Empire du Milieu. Aussi, en mai dernier, j’ai effectué un pèlerinage à Pékin, pour revenir sur les lieux où cet amour incompréhensible a débuté.

L’amour de la culture

Si j’ai eu de la chance de visiter Pékin il y a vingt ans, je le dois à un groupe de professeurs passionnés qui proposaient un séjour découverte à des lycéens de la région parisienne. Ce voyage a été exceptionnel parce que nous avons eu la chance de nous y préparer en amont. Chaque semaine, nous avions une heure de cours sur la Chine : sur son histoire, sa culture, et également sur la langue. Il était rare à l’époque de se rendre dans ce pays en sachant dire plus de trois mots !

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Désormais il est possible d’apprendre le chinois un peu partout en France, et nombreux sont les jeunes partant en échange scolaire ou en stage qui savent baragouiner un peu de chinois. C’est un merveilleux moyen de connaître la culture mais aussi de s’acclimater dans un pays où on ne parle malheureusement pas encore beaucoup anglais. Même si depuis, les « cheaper cheaper » pour haranguer les touristes ont été remplacés par des phrases un peu plus construites, il n’est pas rare d’entendre encore des « hallo » qui tiennent plus de l’allemand que de l’anglais.

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Connaître la culture nous a également permis de mieux nous repérer, de connaître les codes et ainsi, d’essayer de comprendre au lieu de juger. Si la Chine s’est largement modernisée en vingt ans, la jeunesse chinoise ultra-moderne et à la pointe de la technologie, toujours le nez penché sur son smartphone dernier cri, n’en garde pas moins une culture qui lui est propre et qui n’a rien à voir avec la culture occidentale. Et malgré cette occidentalisation de la société, les personnes âgées et les ruraux ont encore des comportements très traditionnels, qui peuvent choquer quand on ne comprend pas leur culture.

Le poids du passé

Une fois arrivés à Pékin, nous avons pu visiter tous les temples et les monuments historiques qui, bien sûr, n’ont pas changé au fil du temps. Ce qui a changé, c’est la sécurité dans les aéroports (même si dans les gares, les contrôles des bagages étaient déjà de mise à l’époque), et aux abords du centre historique de Pékin. La Chine a conscience de son patrimoine et le met en valeur. Les Chinois, comme les étrangers, sont toujours nombreux à venir visiter ces merveilles.

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Une ballade sur la muraille de Chine cependant, m’a fait regretter les temps anciens. Tout est désormais fait pour que le visiteur marche le moins possible : entre les téléphériques et les luges, visiter la muraille tient plus du parc d’attraction. Cependant, de plus en plus d’agences touristiques permettent de visiter des portions de la muraille jusque-là peu accessibles, et donc plus sauvages, et vous pouvez même camper sur place ! Cela n’aurait pas été possible il y a vingt ans où les touristes étaient beaucoup plus encadrés.

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Après ce séjour, j’ai décidé d’apprendre le chinois et de poursuivre ces études à l’université. J’étais charmée par l’aspect culturel et historique, mais j’ai surtout senti le poids que la Chine allait prendre dans la marche du monde, bien qu’à l’époque, ce n’était qu’une vague intuition. Si aujourd’hui on me prend pour une visionnaire, je dois avouer que mes parents n’étaient pas ravis de ma décision, et que peu comprenaient mon amour pour ce pays si lointain et si étrange.

Une société en changement constant

Durant mes études j’ai pu constater, au fil de mes lectures, que la Chine moderne était en mouvement constant : toutes les semaines on annonçait de nouveaux records, des chiffres faramineux. Peu à peu, la Chine dépassait les grandes puissances mondiales… Cette évolution surprenante a fini de me convaincre de venir vivre en Chine. Et quand je me suis installée à Shanghai il y a douze ans, je faisais déjà moins figure d’extra-terrestre. Pourtant à l’époque, il n’y avait que quatre lignes de métro à Shanghai, contre une vingtaine aujourd’hui, et s’il était plus facile à l’époque de trouver un emploi et d’obtenir un permis de travail, s’installer n’était pas si simple.

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Aujourd’hui je repense avec nostalgie à ces jours où l’on pouvait conduire des scooters sans plaque d’immatriculation (et pour certains, sans casque), où l’on n’avait pas encore besoin de VPN pour aller sur Facebook (qui venait de démarrer), bref, où nous étions insouciants et où la vie était peu chère.

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Mais la technologie a fait rapidement des progrès et a apporté de nouvelles choses : on peut payer avec son smartphone, sans cash ni carte bancaire, avec Alipay, on peut tout trouver sur Taobao et se le faire livrer chez soi, et trouver facilement des groupes partageant nos centres d’intérêts via WeChat.

Grâce à mes études aux Langues ’O, j’ai également pu m’intégrer dans la société chinoise. Même si le contact parfois brutal avec certains comportements avait raison de ma patience, j’ai appris à prendre sur moi tout en sachant que, si je n’étais pas capable d’accepter la Chine, à défaut de pouvoir changer un à un chacun de ses habitants, j’étais libre de la quitter…

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Alors si cette année encore, ma famille me demande « Quand est-ce que tu rentres ? » je répondrai comme d’habitude : « Je ne sais pas. » Car la Chine, malgré le temps, les difficultés, me plaît encore, et j’ai beaucoup à apprendre d’elle.

Gaëlle Déchelette – Équipe Le Fil Rouge

Photos Noir et Blanc par Gaëlle Déchelette

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