ÉQUATEUR : Valeria, une vie de jeune femme dans la capitale Quito

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Valeria Hurtado, 32 ans, est Équatorienne. Et fière de l’être ! Cadre au Ministère du travail, elle nous livre son quotidien, rythmé par les longues journées au bureau. Elle nous parle également de ses aspirations personnelles, partagée entre sa carrière professionnelle, son envie de s’épanouir dans sa vie privée et de s’investir afin de contribuer au développement de son pays.

Je suis Valeria. J’ai 32 ans et je vis à Quito, la capitale de l’Équateur. J’y suis née. J’ai eu l’occasion dans ma vie de voyager et de vivre à l’étranger. J’ai adoré ces séjours mais ça a été aussi l’occasion de me rendre compte à quel point j’apprécie de vivre dans une ville comme Quito qui reste, selon moi, à taille humaine.

Les journées à rallonge d’une cadre…

Mes journées sont assez longues. Chaque matin je me lève vers 7h. Je me prépare, je prends mon petit déjeuner et je file au bureau pour 8h. Je ne rentre pas chez moi avant 22h parce que quand je quitte le bureau, vers 19h30 en général, je vais à la salle de sport. C’est ma nouvelle routine depuis septembre. En rentrant chez moi, j’essaie de décompresser : je cuisine en musique ou en regardant des dessins animés, je lis. Je n’arrive pas à me coucher avant 1h du matin. Bref les nuits sont courtes. Heureusement maintenant j’ai pris le rythme. Mais au début, quand j’ai pris mes fonctions j’étais très fatiguée.

équateur ministere du travail

Je travaille pour le Ministère du Travail équatorien. Je suis directrice du contrôle technique à la gestion des talents. C’est une appellation un peu obscure pour dire que je dirige une équipe qui s’assure que les procédures de recrutement et d’affectation des fonctionnaires sont bien respectées (les notations de concours, les affectations, etc.) et qu’il n’y a pas eu de dérogation au processus de qualification. Par exemple je dois garantir que les termes des contrats sont en adéquation avec nos obligations légales et avec notre règlement intérieur. En fait, ce n’est pas vraiment moi qui fait ça directement. Je dirige l’équipe qui est en charge de ce travail.

J’ai commencé en mai dernier (2017), c’est assez récent. J’ai dû trouver mes marques et, surtout, il a fallu que je crée un lien de confiance avec les collègues que je supervise. Ce n’était pas évident au début, d’autant plus quand on est plus jeune que les gens que l’on dirige. Mais aujourd’hui l’ambiance est super et nous sommes conscients que nous avons tous besoin les uns des autres pour avancer. La clé du management pour moi c’est l’empathie : quand je suis arrivée j’ai bien précisé que mon objectif n’était pas de tout chambouler. Être cheffe c’est aussi quelque part montrer l’exemple : normalement, les journées se terminent à 16h45, mais je ne me vois pas partir avant mon équipe. Et puis les responsabilités vont souvent avec une charge de travail supplémentaire. C’est pour ça que je quitte rarement avant 19h30 !

Le prix à payer pour être indépendante

Mais travailler me permet d’être indépendante, alors ces longues journées ne me pèsent pas. J’ai fait des études en commerce international à l’Université Internationale d’Equateur puis je suis partie un peu plus d’un an à Buenos Aires, en Argentine, pour suivre un MBA. Je savais à quoi m’attendre après ça ! De retour en Équateur, j’ai trouvé un poste à la Présidence : j’ai travaillé jusqu’en 2013 pour le Secrétariat national en charge de l’administration publique. Puis la crise économique et les changements politiques qui sont intervenus cette année-là ont bouleversé un peu les choses : j’ai enchaîné des contrats plus précaires avant de finalement trouver le poste que j’occupe actuellement.

équateur quito
Quito

En travaillant dans une institution publique j’ai l’impression d’apporter ma contribution à mon pays, même si ce n’est qu’un petit grain de sable. Ça me permet aussi évidemment de réaliser mes objectifs personnels ; je continue d’apprendre et de grandir ainsi. C’est ce qui m’importe. D’autant que je suis une femme très active, je ne peux pas rester sans rien faire. J’aime bien me sentir utile. Mais quand on est une femme ce n’est pas toujours facile de concilier vie professionnelle et vie de famille.

Ici en Équateur, on parle de plus en plus de l’inclusion des femmes. Mais on attend presque de nous que l’on soit plus performante que les hommes, d’autant que la société attend toujours que nous soyons responsables de la maison et de la famille. Pour l’instant je n’ai pas d’enfant, alors mon rythme de vie me va bien. Mais à long terme si je rencontre la personne avec qui le faire, je souhaiterais fonder une famille. Mais comment concilier tout ça. Je ne sais pas trop. On verra le moment venu. D’autant que je m’intéresse aussi à la politique : j’ai adhéré au parti centre démocrate il y a quelque temps et j’espère un jour pouvoir être élue. Il me faudrait des journées de plus de 24 heures !

Le luxe d’une vie de quartier dans une capitale

J’aime beaucoup mon travail, mais j’aime garder un peu de temps pour moi et mes loisirs. Je pratique le sport à haute dose, en particulier le cyclisme de montagne, la moto et le kangoo jumps. Je pratiquais les arts martiaux mais malheureusement j’ai dû arrêter car je me suis blessée lors d’une chute en moto. Je profite de mes congés pour consacrer du temps à ma famille et voyager. Mon père vit en Floride depuis qu’il a quitté l’Équateur il y a 22 ans. Mon frère aussi s’est installé là-bas. Bref j’ai de bons prétextes pour voyager ! J’adorerais retourner en Grèce et découvrir la Chine. Vu d’ici la Chine est fascinante. Cela me semble vraiment une culture complètement différente de la mienne. Mais mon plus grand rêve c’est de voir une aurore boréale.

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J’aime aussi profiter des choses simples. Quito est une ville très agréable, entourée de montagnes. Bien sûr la population s’accroît mais les pouvoirs publics essaient de trouver des solutions pour éviter les nuisances d’une ville qui grandit. On peut encore circuler sans perdre des heures dans les embouteillages. Comparé à Buenos Aires par exemple, c’est un luxe. Et nous avons des espaces verts. J’habite à côté de la Carolina, un parc très grand au milieu de la ville. Et surtout il y a une vraie vie de quartier avec des petits commerces de proximité et même un marché. Je ne suis pas obligée d’aller au supermarché quand j’ai juste besoin d’un citron !

Fière d’être Équatorienne

En fait j’aime ma ville et je suis très fière de mon pays et de nos cultures régionales. On a une richesse culinaire incroyable. Les Équatoriens mangent beaucoup de pommes de terre, de porc et de fruits de mer, mais on a aussi la chance d’avoir de très nombreuses variétés de fruits. Comme le pays a accès à la mer, on peut aussi trouver du poisson frais. J’adore le ceviche par exemple, un plat à base de poisson cru citronné. On essaie de maintenir cette diversité et de la valoriser.

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Mais malgré cette richesse on fait aussi face à des problèmes. En 2014, par exemple on a connu une crise suite à la chute des cours du pétrole. Alors c’est sûr qu’une classe moyenne s’est développée depuis une quinzaine d’année, mais beaucoup de mes compatriotes restent très vulnérables. Moi je suis assez privilégiée. C’est aussi pour ça que je veux m’impliquer en politique. C’est comme cela qu’on peut changer les choses. Par exemple, le gouvernement de Rafael Correa (qui a été président entre 2006 et 2017) a nettement amélioré l’accès à la santé et à l’éducation. Il s’est aussi beaucoup mobilisé en faveur des droits indigènes, alors que ces populations pauvres étaient largement délaissées auparavant.

Je rêve en tout cas d’un Équateur où l’on érigerait le dialogue comme un pilier de notre société et où l’on abandonnerait les discours politiques extrêmes et à l’emporte-pièce. De ce point de vue je crois que l’on a mûri et que nous sommes sur la bonne voie !

Propos recueillis par Lucie Van Der Meulen – Équipe Le Fil Rouge

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