ÉTATS-UNIS – NEVADA : Burning Man, le festival déjanté du désert

burning man déjanté
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Chaque année, depuis 30 ans, on assiste au même rituel. Surgit de nulle part, au milieu du désert du Nevada, la ville éphémère de Black Rock City. Elle accueille le festival grandiose et décalé du Burning Man. Plus de 70.000 festivaliers viennent y célébrer l’art dans tous ses états. Entre poussière, conditions climatiques extrêmes et œuvres d’arts surréalistes, les burners en prennent plein les yeux. Le photographe français Matthieu Vautrin a participé à deux éditions du Burning Man en 2015 et 2017. Il nous livre ici quelques-uns de ses clichés et nous décrit l’atmosphère déjantée mais bienveillante du lieu.

burning man matthieu vautrin

 

Un festival qui respecte la planète

Durant une semaine, l’échange devient le maître mot de la ville utopique de Black Rock. Le festival du Burning Man, l’un des plus connus aux États-Unis, tend à se développer en Europe et même dans d’autres régions du monde (en 2007 s’est tenue la première édition de l’AfrikaBurn, en Afrique du Sud). Cet événement, articulé autour de la création artistique, regroupe chaque année plus de 70.000 personnes. Les organisateurs s’attèlent à faire respecter une règle d’or qui consiste à ne laisser aucune trace une fois les festivaliers partis. Basées sur des principes écologiques, toutes les créations artistiques sont en partie faites de matériaux de récupération.

burning man barbies crucifiées

 

Un photographe français au cœur du Burning Man

En 2015, Matthieu Vautrin s’est rendu pour la première fois à Black Rock City. Son idée : rendre hommage à cette ville qui s’anime pendant une semaine mais dont toutes les traces disparaissent une fois le festival terminé. Il compte bien y retourner pour poursuivre son travail de documentation. Il nous raconte ici son édition 2017 dont il a tiré des clichés à couper le souffle.

Le Fil Rouge : Surréaliste, déjanté, dingue, magique ; concrètement, le Burning Man ça ressemble à quoi ?

Matthieu Vautrin : Le Burning Man c’est avant tout le rassemblement d’une communauté. Ce n’est pas un festival comme les autres puisque ce sont les participants qui créent l’évènement : les œuvres d’art mais aussi les activités qui s’y déroulent pendant une semaine. C’est vrai que c’est surréaliste et déjanté. Mais ce dont on ne parle pas assez souvent, et qui pourtant frappe le plus quand on est là-bas, c’est l’extrême bienveillance des participants les uns envers les autres.

famille au burning man

On ne se rend pas bien compte non plus de l’étendue de la ville. Il y a énormément de choses à faire, à voir, à expérimenter, à vivre. C’est difficile d’imaginer tout ça de l’extérieur. On dit que raconter ce qu’est le Burning Man c’est un peu comme expliquer les couleurs à un aveugle. Je pense que c’est assez vrai, il faut y aller pour vraiment comprendre !

fete burning man

Une semaine dans le désert, sans argent, sans internet, en pleine chaleur et en pleine poussière. Comment survit-on à Black Rock City ?

On survit plutôt bien sans argent, puisqu’il est banni à Black Rock City, ainsi que toute activité commerciale. C’est l’un des 10 principes de l’événement. Le système monétaire laisse place à un système de don. On survit encore mieux sans internet. Sur 70.000 participants, personne n’est scotché à son téléphone, c’est devenu assez peu courant de nos jours.

femme burning man

Pour la chaleur et le froid on s’adapte. Pour la poussière, on apprend à vivre avec, à l’aimer, à la détester, puis à l’aimer à nouveau. Après y avoir réfléchi, je pense que la clé pour survivre dans le désert et passer un bon festival, c’est de se forcer à sacrifier 3 ou 4 heures par jour pour dormir un peu. Ce n’est pas évident parce qu’il se passe tout le temps quelque chose. Mais pour profiter, mieux vaut recharger ses batteries de temps en temps !

nuit burning man

Vous nous racontez l’expérience artistique la plus folle que vous avez vécue là-bas.

On a eu une très grosse tempête cette année. Je pense qu’on peut la qualifier d’expérience artistique en tant que telle. D’habitude un whiteout – tempête de poussière – c’est un peu le monde imaginaire, une poussière blanche très fine suspendue dans l’air, et des créatures et véhicules mutants qui se baladent un peu partout autour de vous.

poussiere burning man

Cette fois il y avait en plus un ciel très chargé avec des reflets bleutés, des éclairs derrière les montagnes qui entourent la ville, un vent très violent et de temps en temps de la pluie. À un moment tous les éléments se sont déchaînés à la fois. Tout s’envolait, il pleuvait, on ne voyait plus à un mètre devant et on entendait les œuvres d’art tomber autour de nous. J’ai passé l’après-midi dans cette atmosphère et c’était vraiment sympa. J’en ai encore des frissons rien que d’y repenser !

Qui sont les burners – les festivaliers – et que viennent-ils chercher ? Quelle a été votre rencontre la plus mémorable ? 

Je pense que les burners viennent avant tout pour l’expérience individuelle qu’ils retirent du Burning Man. Tout est fait pour que les barrières qui existent dans le monde extérieur tombent. Chacun est libre d’être et de s’exprimer de la manière dont il le souhaite. L’ensemble de la communauté respecte ce principe. Elle est là pour encourager plutôt que pour juger. Tout est fait pour favoriser le développement humain et artistique des individus.  Ce n’est pas pour rien qu’un « Welcome Home » est prononcé à l’entrée de la ville, on finit tous par s’y sentir chez soi.

hommes burning man

Une rencontre assez mémorable cette année a été celle du leader de la « Billion Bunny March ». La « Billion Bunny March », c’est un rassemblement de centaines de lapins qui protestent contre la trahison des humains. Il se trouve qu’un groupe de carottes a organisé en parallèle la « Countless Carrot March » pour protester contre la trahison des lapins, et qu’un groupe de chats s’est dit qu’avec une telle concentration de lapins au même endroit, il y avait un coup à faire. À un moment ça dégénère, forcément. Le leader des lapins était un véritable spectacle à lui tout seul !

lapin rabbit burning man

Le dernier jour, la tradition veut que l’on brûle les installations artistiques et notamment le bonhomme érigé en début de festival. On repart avec quel état d’esprit d’un tel événement ? 

Pour reprendre une expression utilisée par quelqu’un de mon camp, repartir du Burning Man c’est un peu comme retourner dans la matrice après avoir découvert le monde réel (cf. Matrix). C’est une expérience très forte émotionnellement parlant. Il faut un petit temps pour décompresser ensuite, c’est normal. On repart toujours un peu avec l’impression de n’avoir vu que 10% du festival dans la semaine. Alors on se dit qu’il ne nous reste plus qu’à y retourner pour voir le reste !

fin burning man

Matthieu Vautrin pour Le Fil Rouge – Propos recueillis par Tiphanie François
Crédit Photos : Matthieu Vautrin

Pour découvrir toutes ses photos du Burning Man, rendez-vous sur son site web! Suivez son compte Instagram pour plus de photos!

5 commentaires


  1. combien coute une place pour burning man ?
    on entend toujours parlé des looks et d’art, mais la logistique c’est comment ? y a des campings ? les gens dorment ou ? y a des gardiens ? des vigiles ?Report

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  2. Waw super articles et photos. Côté budget combien il faut prévoir? Et il me semble qu,il faut acheter sa place non?Report

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  3. Malheureusement ce n’est pas sans argent ni sans pollution
    Comme tout ce que nous faisons sur terreReport

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