FRANCE : Jonas, l’amoureux des histoires de cuisine et de famille

france jonas pariente grandmas project next year in bombay
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Jonas Pariente a grandi entre la région parisienne et Paris. Jeune homme aux multiples facettes, il a fondé il y a dix ans Chaï Chaï Films, une manière pour lui de raconter son histoire et l’histoire des autres. Amoureux des images il l’est aussi de ses grands-mères qui, à travers leur cuisine, lui ont livré la recette du bonheur sur fond de double culture. 

De vendeur de croissants à producteur de films

Je suis né à Châtenay Malabry près de Paris il y a 35 ans. J’ai passé mon enfance et fais mes études en région parisienne et sur la capitale, où je vis toujours. Seule incartade, entre 2006 et 2009, après une maîtrise de sociologie, j’ai eu la chance d’aller étudier à New-York. J’y ai appris l’art du documentaire et des nouveaux médias au Hunter College. C’est ainsi qu’en 2008 j’ai passé quatre mois à Bombay pour réaliser mon premier film. Depuis, je me sens chez moi dans cette ville.

Pendant mes années d’études j’ai beaucoup travaillé dans la restauration, j’ai aussi été animateur et directeur de colonie de vacances… et, à New York, j’étais représentant pour une boulangerie belge, en gros mon job c’était de vendre des croissants et des baguettes à des coffee shops ! Depuis la fin de mes études je travaille principalement comme réalisateur et producteur même si ces dernières années j’ai développé une expertise en stratégie digitale et crowdfunding. J’ai créé Chaï Chaï Films il y a déjà dix ans. Au début le but était de produire des documentaires. Aujourd’hui on se concentre plutôt sur la réalisation de films promotionnels, de campagnes de productions digitales pour la sortie de films et sur des campagnes de crowdfunding.

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Ça pousse à être créatif, à bien identifier les publics auxquels on s’adresse et à trouver les moyens de les mobiliser sur le sujet du projet en question. C’est passionnant mais ça demande de la polyvalence : au quotidien je jongle entre tournages, rendez-vous et supervision des projets. Mais c’est ce que j’aime, raconter l’histoire des gens, que ce soit sous la forme d’un documentaire ou d’un portrait photos. Parfois ce sont des marques, des institutions ou des candidats à telle ou telle élection qui ont besoin de raconter leur histoire. J’ai testé beaucoup de choses, par curiosité. Aujourd’hui j’ai plus de recul : j’ai réussi à arrêter les activités qui me plaisaient moins.

Des documentaires de famille

Ça me laisse le temps de me concentrer sur ce qui me porte vraiment. Presque tout ce que je sais de l’histoire de ma famille (des juifs égyptiens du côté de mon père, des juifs polonais du côté de ma mère), je l’ai appris en filmant mes grands-mères dans leur cuisine par exemple. Pendant près d’un an, en 2005, j’ai capté leur accent, leur personnalité, leurs tics ; mais aussi des récits d’enfance à Varsovie ou au Caire, des histoires d’exil et d’immigration, des bouts de souvenirs rafistolés et des pans de mémoire volontairement passés sous silence. Tout cela prenait vie naturellement tandis qu’elles m’apprenaient à faire des borekas au fromage ou du hareng fumé. Mes deux grands-mères chéries m’ont donc transmis ce double héritage qui vit en moi, sur cette drôle de symphonie arabo-yiddish qui fait la musique de mon inconscient.

Puis en 2008, j’ai réalisé mon premier documentaire : Next Year in Bombay qui présente une communauté juive indienne qui existe depuis 2.000 ans à Bombay en Inde. Ce documentaire suit les deux derniers éducateurs de cette communauté qui tend à disparaître, et qui, soucieux pour l’avenir de leurs filles, sont tiraillés sur le mode d’éducation à adopter. Parce que j’ai un attachement particulier à cette ville, j’ai ensuite co-réalisé pour France 5 A rickshaw in the city, qui relate l’urbanisation de Mumbai à travers la vie quotidienne d’un chauffeur de pousse-pousse.

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Mon dernier projet, toujours en cours, c’est le Grandmas project : c’est une web-série que je produis cette fois. Ce sont donc d’autres réalisateurs qui font les films ! L’idée est née en 2013 et le site a vu le jour en 2015 après une campagne de crowdfunding réussie. Aujourd’hui nous avons produit quatorze films, du Brésil, d’Inde, de Croatie. Mais je vois plus loin, le projet n’a pas fini de grandir.

En disant cela, je me rends compte du chemin accompli et de la diversité de mes projets. Pourtant j’ai un fil conducteur. Dans tous mes projets je retrouve mes deux thèmes de prédilection, l’identité et la migration. Ce sont des sujets inépuisables pour moi… et encore plus quand cela se traduit par des discussions autour de la cuisine ! La cuisine occupe une place très importante dans ma vie. Je pense qu’elle est la façon la plus naturelle et la plus universelle de créer un espace de dialogue avec nos grands-mères et de questionner l’histoire de nos familles. À vos tabliers !

Jonas Pariente

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