HONDURAS : Continent de déchets et soupe de plastique

plastique honduras
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Les images paradisiaques des îles de Roatan et de Cayos Cochinos seraient-elles trompeuses ? Si l’on en croit les clichés publiés en octobre dernier par Caroline Power, plongeuse américaine installée dans le secteur depuis 15 ans, le paradis ne sera bientôt plus qu’un lointain souvenir, noyé sous des tonnes de déchets plastiques.

Drôle de soupe

Réputées pour leurs plages de sable blanc, leurs eaux turquoise et cristallines, leur incroyable faune sous-marine, les îles de Roatan et Cayos Cochinos, au Honduras, sont devenues en quelques semaines le symbole de la pollution marine. C’est la plongeuse américaine Caroline Power qui vit sur l’île de Roatan depuis plusieurs années, qui a lancé un cri d’alerte sur les réseaux sociaux. « Cela doit s’arrêter ! » a-t-elle averti les abonnés de sa page Facebook.

Pollution Off The Coast Of Honduras Is Heartbreaking

Massive islands of trash surrounding Honduras are horrifying

Publié par NowThis sur lundi 30 octobre 2017

 

La raison de sa colère ? La découverte d’immenses îles flottantes de déchets aux larges des côtes honduriennes. Sur une dizaine de kilomètres ce sont plusieurs bandes de déchets plastiques de plus de 200 mètres de larges que la plongeuse a découvertes, effarée. Bouteilles, sandales, couverts, emballages alimentaires rien ne manque ! Mais l’horreur ne s’arrête pas là, elle plonge bien plus profond. Des millions de micro-particules de plastique dégradé sont présentes sur plusieurs dizaines de mètres de profondeur : c’est la fameuse soupe de plastique.

Au-delà de l’aspect visuel, cette pollution plastique représente un véritable fléau pour la faune et la flore des environs. L’ingestion de ces détritus par les oiseaux ou les animaux sous-marins conduit souvent à des étouffements ou blessures parfois mortelles. Ces tonnes de plastiques modifient les écosystèmes et mettent en danger l’équilibre déjà fragile des océans.

Plus de déchets que de poissons dans nos océans d’ici 2050

Et le phénomène ne semble pas près de s’endiguer. Avec près de 300 millions de tonnes de plastique produites chaque année, la réserve à déchets est immense. Un dixième d’entre eux finiraient directement dans les océans, charriés par les fleuves principalement. Le rythme est si préoccupant que des études estiment que d’ici 2050 les océans contiendront plus de déchets que de poissons.

Les courants marins se chargent ensuite de regrouper ces rebuts plastiques, plus ou moins dégradés, pour en faire d’immenses plaques flottantes à travers les océans. A vrai dire si les photos de Caroline Power ont fait mouche sur la toile, elles ne sont malheureusement pas exceptionnelles. En 1997, le navigateur Charles Moore avait découvert, par hasard, dans le Pacifique Sud la première plaque de plastique. En 2000, c’est dans l’Atlantique Nord, au large des États-Unis qu’une nouvelle étendue de déchets avait été localisée.

plastique honduras
© Caroline Power

L’on parle souvent d’un septième continent pour décrire ces amas de déchets flottants. Pourtant l’image est trompeuse. Ce sont plutôt d’immenses îles, dont certaines sont plus grandes que la France. Il en existerait au moins cinq à travers le monde, formées au niveau des gyres océaniques, d’immenses tourbillons dus à la rencontre de courants marins.

Devenez citoyen des « Îles Poubelles »

Le phénomène est maintenant bien identifié mais les États peinent à s’emparer du problème. Nettoyer ces décharges océaniques, situées le plus souvent en dehors des eaux territoriales, représenterait un coût exorbitant qu’aucun État ne veut assumer.

Pour alerter l’opinion publique et les décideurs, certaines fondations n’hésitent pourtant pas à mettre les moyens. Une campagne a ainsi été lancée pour que l’ONU reconnaisse l’amoncellement de déchets plastique au milieu du Pacifique comme son 196e État ! 150.000 personnes ont déjà signé la pétition et Al Gore, ancien Vice-président de Bill Clinton et fervent défenseur du climat, a été le premier à acquérir le tout nouveau passeport. La Fondation n’a pas lésiné sur les moyens : doté d’un nom, d’une monnaie (le débris), et de passeport, cet État fictif est prêt à entrer à l’ONU. Évidemment ce coup de pub a peu de chance d’aboutir.

plastique hippocampe
© Justin Hofman / Wildlife Photographer of the Year

Après l’hippocampe qui voguait accroché à un coton-tige (la photo avait fait le buzz sur la toile), cette campagne a le mérite de mettre à nouveau un sacré coup de projecteur sur le fléau du plastique qui menace nos océans.

T.F. – Équipe Le Fil Rouge

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