ISRAËL – TEL AVIV : Juliette ou l’appel d’Israël et du judaïsme

ISRAËL – TEL AVIV : Juliette ou l’appel d’Israël et du judaïsme
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Juliette est guide en Israël. Elle habite vers Tel-Aviv mais parcourt les routes du pays pour faire découvrir l’histoire et la beauté de sa terre d’adoption aux touristes de tout acabit. Son activité est récente. Avant cela elle a eu mille vies, qui l’ont toujours menée vers Israël.  

J’ai passé mon enfance dans la région d’Orsay près du campus de Paris-Sud où mon père était directeur de recherches en physique au CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique). Rapidement je me suis passionnée pour l’histoire juive et j’ai découvert Israël. Depuis, tout m’y ramène. Aujourd’hui je vis à une vingtaine de kilomètres de Tel-Aviv. Pour tout vous dire c’est la troisième fois que je réside dans ce pays.

Se découvrir des racines juives

Comment je suis arrivée là ? C’est une longue histoire qui remonte bien avant ma naissance… Mon grand-père paternel était un enfant de l’assistance. Son seul bagage familial c’était le nom de sa mère, Sophie Ziesel, dont la consonance allemande était attribuée à des origines alsaciennes. Ce n’est que bien plus tard qu’un concours de circonstances a amené mon père à lui trouver de possibles origines juives : Ziesel vient du mot yiddish ziss qui veut dire doux.  D’ailleurs, Ziesel était un prénom juif assez courant en Europe de l’est.

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Bref, j’ai grandi en partageant avec mon père la découverte de ses racines, et un intérêt grandissant pour l’histoire et la culture juives. Cela l’a amené à prendre une année sabbatique à l’Université Hébraïque de Jérusalem. Ma mère et moi l’avons suivi, et j’ai passé mon année de première et mon bac de français ici.

Tomber amoureuse d’Israël

Pendant cette année, je suis tombée amoureuse de ce pays : de son histoire qui remonte à la nuit des temps, de la variété de ses habitants et paysages, de ce rêve fou devenu réalité de renaissance d’un peuple et d’une langue sur sa terre ancestrale. Ce qui m’a plu en particulier c’est le kibboutz, cette forme de vie communautaire, égalitaire et auto-gérée si attrayante pour la jeune révolutionnaire idéaliste que j’étais alors.

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À l’époque en effet, je passais beaucoup de mon temps libre au Kibboutz Zikim, où la sœur d’un collègue et ami de mon père résidait. Pour moi ça a été une véritable ouverture sur le monde avec des volontaires venus de tous les pays et milieux sociaux. J’y ai découvert la liberté, mais aussi le travail physique et les responsabilités !

Durant mes études universitaires, je suis revenue tous les étés. Je prenais un bateau depuis la Grèce ou la Turquie pour profiter aussi du merveilleux voyage. J’étais volontaire à Zikim, puis dans le kibboutz voisin de Karmia dont le nom vient du mot hébreu kerem pour vignes. Je retrouvais d’ailleurs un peu de cette ambiance si particulière entre travail, fête et joie de vivre en collectivité en faisant les vendanges en Bourgogne avant la reprise des cours.

Se convertir au Judaïsme et faire son retour

Immédiatement après avoir obtenu ma maîtrise d’histoire en juin 1991, je m’envolais pour Israël et retrouvais mon travail à l’étable de Karmia où j’avais décidé de prendre une année sabbatique. Je n’ai pas résisté à une deuxième année au cours de laquelle j’ai suivi une formation dans un autre kibboutz, religieux celui-ci, et me suis convertie au judaïsme. C’est cette année-là que j’ai rencontré Andy. Andy était un volontaire anglais : nous nous sommes mariés et, bénéficiant de la Loi du Retour du fait de ma conversion, nous sommes devenus Israéliens. Nous avons habité un temps à Tel Aviv, puis à Tibériade même avant de rejoindre un kibboutz sur les rives du lac. Finalement, nous sommes revenus à Tel Aviv où Andy a ouvert une auberge de jeunesse.

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A l’automne 1996, diverses raisons nous ont poussés à (re)-partir en Angleterre, puis à Amsterdam en 2001 et Paris en 2009. Deux ans plus tard, Andy est décédé subitement. Les formalités connexes au consulat d’Israël et le décès de mon père l’année suivante m’ont poussée à retourner en Israël, ce pays qui avait joué un rôle si important dans nos vies communes. J’y ai passé mes vacances d’été deux années de suite, renouant avec des amis perdus de vue et me laissant de nouveau ensorceler par ce pays.

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Et, lors d’une troisième visite, en décembre 2014, à l’occasion d’une exposition de Danielle Camille Wortman, où je m’étais rendue pour récupérer un tableau, j’ai rencontré (une nouvelle fois !) Eli, son fils aîné récemment divorcé. C’était à la fête de la St Sylvestre à Zikim. Le coup de foudre a été immédiat. Six mois plus tard, j’ai fait mes valises et suis revenue là où mon cœur m’appelait.

Ré-embrasser la vie d’un kibboutz

Aujourd’hui, je vis donc au Kibboutz Horshim (à l’origine une ferme collectiviste), situé le long de la ligne verte (qui démarque Israël des territoires palestiniens) à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Tel Aviv. C’est tout près de la petite ville de Kfar Sabra, entre les villages arabes israéliens de Kafr Qasem, Kafr Bara et (j’adore ce nom !) Jaljulya. Je vis là avec mon mari Eli et ses trois enfants de 20 à 25 ans qui y vivent encore eux aussi (tout comme son ex-femme et de nombreux membres de sa famille, car ses parents étaient parmi les membres fondateurs.)

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Comme dans beaucoup de kibboutz les activités se sont diversifiées (l’étable et les vergers côtoient désormais des industries) et les choses ont beaucoup changé. Le plus notable c’est l’abandon de la plupart des principes de base : le travail, les repas et les lessives ne se font plus en commun, les maisons des enfants où les plus jeunes vivaient et évoluaient dans un système éducatif innovant n’animent plus notre vie. Nous restons tout de même une petite communauté soudée dans un environnement proche de celui d’un « village de vacances » (avec piscine gratuite à deux pas de chez nous l’été par exemple !) où il fait bon vivre.

Et se sentir comme un poisson dans l’eau

J’aime Israël et la vie que j’y ai construite. C’est un pays magnifique. Tout petit mais d’une richesse infinie à tous les niveaux. En une heure de route, on change plusieurs fois de paysages : montagnes, collines, désert, etc. J’aime particulièrement le désert, surtout quand il fleurit à la fin de l’hiver. C’est un pays plein de contrastes ; depuis toujours le point névralgique de rencontres entre les civilisations et les continents, où religions et cultures se mélangent pour en créer de nouvelles. C’est une société vibrante et vivante qui se réinvente en permanence.

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C’est parfois un peu déroutant cette façon qu’ont les gens de poser des questions personnelles d’une façon très directe, à l’opposé des Français et de leur discrétion. Le sobriquet des Israéliens est « Sabra », ce cactus dont les fruits sont durs et piquants à l’extérieur mais doux et tendres à l’intérieur. Mais cela ne m’empêche pas de me sentir très bien en Israël. Et cela n’a pas l’air d’être un problème pour la communauté francophone quand on voit à quel point les Français sont nombreux ici : dans certaines villes ou quartiers, on entend plus parler français qu’hébreu !

Bref, je me sens chez moi ici. Malgré mon accent indubitable, je n’ai jamais l’impression que venir d’ailleurs soit un problème. Israël est un pays mosaïque. Je ne dis pas que cela n’entraine pas de tensions, mais globalement, cela fonctionne plutôt bien. Je suis Française et Israélienne ; et surtout simplement moi-même. C’est sûr que l’intégration est facilitée en étant mariée à un Israélien de souche, bien que lui aussi soit représentatif de la mosaïque qu’est Israël, avec une mère tunisienne et un père sud-africain. Nous nous parlons d’ailleurs en anglais, ce qui est un peu bête car du coup mon hébreu ne s’améliore pas très vite !

Juliette Ziesel-Hunt pour Le Fil Rouge

Le Fil Rouge consacre un portrait à Juliette. La deuxième partie sera publiée demain. Vous pourrez découvrir la réalité de son métier de guide et les lieux incontournables d’Israël. Restez connectés !

2 commentaires


  1. Juliette, c’est mon amie et aussi ma belle fille. j’ai toujours cru en ses nombreux talents, elle est jolie, sympathique, trés cultivée, ouverte, excellente guide et photographe et je découvre un talent de plus! elle est aussi écrivain! Je savais qu’elle était douée puisque c’est elle qui a édité mon livre sur Amazon, « Sans ailes pour voler » sous le pseudonyme de Zoé D’Aubervilliers! Bravo, ma Juliette! Je connaissait l’histoire de ta vie plus ou moins car je t’ai connu quand tu avais dix-sept ans et je t’ai suivie depuis, mais de te lire m’a donné un grand plaisir et j’attend impatiemment la suite de ton portrait!Report

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  2. Bonjour Danielle ,

    Pardonnez cette approche, Je suis la compagne de votre cousin Georges, J’aimerai entrer en contact avec vous si vous le souhaitez. Je serai de passage en octobre.

    Bien à vous
    FlorenceReport

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