JAPON : Les mamies plongeuses de la péninsule de Shima et ses îles

mamies plongeuses
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Depuis des siècles, les ama plongent en apnée pour récolter algues, perles, oursins et autres trésors sous-marins au large des côtes japonaises. Aujourd’hui, ces « mamies plongeuses » ne sont plus que quelques centaines à pratiquer cette pêche hors du commun. Découverte en images du travail de ces femmes et de la beauté de leurs îles.

Entre pêche et tourisme

Située au sud de la préfecture de Mie, à six heures de voiture de Tokyo, la péninsule de Shima est l’une des régions les plus traditionnelles que le Japon ait encore à offrir. Loin du tumulte des grosses métropoles, elle partage ses petites villes entre montagnes et bord de mer. Très peu peuplés, ses villages maritimes servent avant tout de ports de pêche aux locaux : avec le tourisme de plaisance, la pêche reste le principal moteur de l’économie locale.

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Parmi les petites bourgades figure Toba, une ville portuaire à deux stations d’Ise. La petite ville abrite entre ses îles l’un des derniers joyaux de l’artisanat japonais traditionnel : la plongée féminine en apnée.

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Une vie en apnée

Plongeuses émérites, les ama sont les dernières détentrices de cet art traditionnel. Âgées de 60 à 70 ans en moyenne, ces femmes plongent chaque jour à la recherche d’ormeaux et de coquillages avec pour seuls outils un burin et un panier. C’est ainsi qu’elles font vivre leur foyer et, contrairement aux coutumes japonaises, sont en charge de nourrir leur famille.

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Avant les festivités, il est d’usage qu’un prêtre bénisse les ama afin de leur porter chance. En effet, les ama sont protégées par la déesse Amaterasu, déesse entre autres de la féminité et de la fertilité.

Les séances de plongée peuvent durer toute une matinée : chaque plongeon dure quelques secondes, jusqu’à deux minutes pour les plus aguerries. Les femmes enchaînent les immersions avant de rejoindre la côte pour tenter d’aller vendre leurs marchandises durement acquises. Bien que ce soient les femmes qui plongent, ce sont les hommes qui se doivent de les conduire en mer. On appelle le conducteur du bateau, le tamae. Bien souvent, c’est l’époux d’une des mamies plongeuses.

 

Du gagne-pain au folklore

Algues, oursins, ormeaux, tout ce qui faisait la richesse et la reconnaissance des ama est maintenant cultivé à grande échelle. La pêche en apnée n’est donc plus rentable dans ce nouveau contexte et les revenus de la pêche ne sont plus suffisants pour faire vivre ces femmes et leur foyer. C’est pourquoi, à côté de la plongée la plupart d’entre elles ont désormais un petit job. Certaines dansent même pour les touristes dans des restaurants! En effet, on vient de loin pour voir ces étranges créatures qui, autrefois, plongeaient à moitié nues et maintenant se parent d’un habit de coton ou au mieux de palmes et d’une combinaison.

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Les ama ont l’habitude de se réchauffer avant et après la plongée afin d’éviter les problèmes d’hypothermie. En effet, elles ne plongent qu’avec un habit de coton d’avril à septembre.

Dans ces conditions, et parce qu’il faut des années d’entraînement pour devenir ama (les plongeuses ne commencent réellement que vers l’âge de 15 ans), l’attrait n’est plus le même et la vocation se perd.

Phoebe L. – Équipe Le Fil Rouge

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