LAOS – XIENG KHOUANG : Le mystère de la Plaine des jarres

plaine des jarres au laos

À 250 km au nord-est de Vientiane, capitale du Laos, perdues sur un haut-plateau, se dressent des centaines de jarres de granit et de grès. Par qui ont-elles érigées ? Dans quel but ? Malgré les observations scientifiques menées depuis les années 1930, le mystère sur leur origine et leur signification reste (presque) entier.

« De l’origine de ces mégalithes funéraires, on ne sait rien. Si l’on en croyait la légende, les tailleurs d’urnes monolithiques auraient été des géants, ancêtres des Khas actuels. » Dans les années 1930, Madeleine Colani, archéologue française résume ainsi le mystère de la Plaine des jarres au Laos. La légende locale raconte en effet que ces jarres ont été construites pour produire de l’alcool de riz pour célébrer la victoire du héros Khun Jeuam sur le tyran Chao Angka. La taille du peuple qui les aurait conçues expliquerait les dimensions gigantesques des ouvrages !

Des jarres monumentales

Au nord-est du Laos, dans la province du Xieng Khouang, sur un plateau à plus de 1.200 mètres d’altitude, se trouve la mystérieuse Plaine des jarres. Sur près de 1.000 km2 se dressent des centaines d’urnes de grès ou de granit. Disposés le plus souvent par groupe, ces mégalithes présentent des tailles variables, entre un à trois mètres de hauteur et jusqu’à huit mètres de diamètre. Les plus grands pourraient accueillir jusqu’à dix hommes debout et pèseraient plusieurs tonnes !

comparaison taille plaine des jarres homme

Parfois, à côté de ces jarres, des couvercles. Ce sont en fait des disques de pierre tantôt lisses, tantôt ornés de plusieurs niveaux voire surmontés d’un cône. Plus rarement de moulures ou de bas-reliefs représentant ce qui semble être de petits mammifères. À part ça on ne sait pas grand-chose. La datation au carbone a quand même permis d’estimer l’âge de ces urnes. Elles auraient été érigées entre 5.000 ans avant Jésus-Christ et 800 ans après Jésus-Christ. Autant dire que décrypter l’origine et la signification de ces monuments reste un casse-tête.

Le site archéologique le plus dangereux au monde

La Plaine des jarres pourrait conserver son secret encore longtemps. Sur les 90 sites répertoriés seuls trois sont ouverts au public. Et pour cause, la zone est classée à haut risque. Un vestige de la guerre du Vietnam menée par les Américains. Le Laos est alors le pays le plus bombardé du conflit. Entre 1963 et 1974, 2 millions de tonnes de bombes ont été déversées sur le pays. Plus d’un tiers n’auraient pas explosées. Dans ces conditions les fouilles archéologiques ont longtemps été restreintes à quelques sites.

plaine des jarres pot

Urnes funéraires, stockage d’eau de pluie ou de nourriture, cuves pour la fabrication d’alcool, les hypothèses vont bon train. En 1930 Madeleine Colani, archéologue française mène les premières recherches scientifiques sur le terrain. Selon elle, il s’agit d’urnes funéraires dans lesquelles sont placés des restes humains qui, au préalable, ont été incinérés dans une grotte. Dans ces cryptes, elle recueille des débris humains d’os et de dents. Elle déterre également des tessons de céramiques, des billes de verre ou des bracelets en bronze. Pour elle, il n’y a pas de doute les mégalithes sont utilisés pour accueillir les morts.

Mais d’autres hypothèses évoquent plutôt des contenants utilisés pour stocker l’eau de pluie. Situées sur une voie commerciale entre le Laos et la Thaïlande (où l’on retrouve ces types d’ouvrages) les jarres auraient servi au ravitaillement de commerçants et de voyageurs. En 2016, des nouvelles fouilles menées par des chercheurs australiens ont mis à jour, pour la première fois, des sépultures datant de plus de 2.500 ans. De quoi accréditer la thèse de Madeleine Colani. Le site est en cours d’évaluation pour un éventuel classement au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les recherches qui seraient menées dans ce cadre permettront peut-être de résoudre enfin le mystère de ces jarres taillées puis transportées au sommet des collines laotiennes.

Par T.F. – Équipe Le Fil Rouge

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