MALI : Nogochi, le prochain blockbuster du cinéma malien

MALI : Nogochi, le prochain blockbuster du cinéma malien
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Toumani Sangaré, jeune réalisateur franco-malien a le vent en poupe. Après avoir conquis le petit écran avec sa série Taxi-Tigui, c’est dans les salles de cinéma que l’on le retrouvera avec son premier long-métrage, Nogochi. En cours de montage à Bamako, ce film d’aventures nous promet du grand divertissement dans un décor africain inédit. Toumani Sangaré a fait part de son projet au Fil Rouge.

Nogochi, le premier « western » malien

Des batailles, un trésor, du mystère, tout est réuni pour que Nogochi, premier long métrage du réalisateur franco-malien Toumani Sangaré fasse un carton. On vous dresse le décor. Fin du 19e siècle, alors que la colonisation française n’en est qu’à ses débuts, le jeune Sibiri, esclave affranchi, quitte les Amériques et retrouve la terre de ses ancêtres. Recueilli par des chasseurs traditionnels, il plonge au cœur d’une épopée fantastique face à un colon renégat en quête d’un trésor mystique. Un pitch digne des plus grands westerns-spaghetti, le tout dans un décor inédit au cinéma !

Dès l’enfance, dévorant les grands westerns du cinéma américain avec son père, Toumani Sangaré aiguise son goût pour les sensations fortes et les belles images. Nogochi, c’est un peu Le Bon, la Brute  et le Truand remis au goût du jour. Et surtout version malienne. En 2002, le réalisateur finalise Guerrier mandingue, un court-métrage sur les Donso, une confrérie initiatique qui, au 14e siècle, forme des chasseurs à l’art de la guerre pour combattre les premiers esclavagistes. Fasciné par l’histoire de ces guerriers, il entreprend en 2007 l’écriture de Nogochi qu’il présente comme « un film d’aventure et de réel divertissement, une épopée dans un univers fascinant et méconnu ». Dix ans plus tard, le film est en cours de montage entre Paris et Bamako.

Madame N’diaye Ramatoulaye DIALLO Ministre de la Culture du Mali lors du 1er clap officiel du tournage de Nogochi à Baguineda.

Le Mali, eldorado du jeune réalisateur

Il aura donc fallu à Toumani Sangaré 10 ans et un retour au Mali pour concrétiser ce rêve de long-métrage. Pourtant, le réalisateur n’est pas un novice. A 15 ans à peine, il créé à Paris le collectif Kourtrajmé avec une bande de copains. Clairement orienté street culture, le collectif se fait rapidement un nom dans le paysage du rap français. En France, le réalisateur mène plusieurs projets de front, comme ce documentaire sur Gaël Faye, artiste éclectique qui en 2016 fait le buzz avec son roman Petit pays. Mais le petit monde du cinéma français reste fermé.

Et si le Mali offrait plus d’opportunités ? C’est le pari qu’a fait Toumani Sangaré il y a deux ans en s’installant pour de bon à Bamako. Après plusieurs séjours maliens au cours desquels il multiplie les projets culturels et collabore avec des artistes de renom comme Salif Keita ou Fanta Kouyate, sa décision est prise. « Pour moi, la culture malienne est un puits sans fond. La musique, les arts graphiques, la mode sont des sources d’inspiration intarissables pour le réalisateur que je suis. »

Le pari s’avère gagnant. Les deux années passées à Bamako ont été fructueuses pour le jeune réalisateur. A la tête de sa propre maison de production, il a lancé Taxi-Tigui, mini-série télévisée satirique qui met en scène les pérégrinations d’un chauffeur de taxi et de ses clients à travers la capitale malienne. « Le succès fracassant de Taxi-Tigui a ouvert des portes c’est sûr », nous confie Toumani Sangaré. « J’ai acquis une légitimité. Les essais-caméras que j’ai menés en parallèle pour matérialiser l’univers de Nogochi et que j’ai montés à la façon d’une bande-annonce m’ont aidé à convaincre. »

Un film 100% malien

Il faut dire que dans un pays où l’industrie audiovisuelle et en particulier cinématographique est peu développée, le projet a de quoi séduire. D’autant plus qu’il bouscule les habitudes et qu’il donne à voir le Mali sous un genre nouveau. « J’ai voulu valoriser l’histoire africaine et malienne en particulier, qui est mal connue » nous dit-il. « On entend souvent que les Africains ont accueillis les colons à bras ouvert et qu’ils ont vendus les esclaves. Avec Nogochi, en restant dans le divertissement et l’aventure, je mets en scène une tout autre réalité. Un peuple qui s’est battu et qui est fier. »

On attend avec impatience la sortie en salle de Nogochi pour découvrir la destinée du jeune Sibiri de retour dans son pays d’origine. En revanche, pour Toumani Sangaré, pas de doute, le retour au Mali est gagnant et promet encore de belles aventures.

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Tiphanie François – Equipe Le Fil Rouge

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