NOUVELLE-ZÉLANDE : Les femmes politiques en font-elles trop ?

NOUVELLE-ZÉLANDE: Les femmes politiques néo-zélandaises en font-elles trop ?
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Julie Genter, ministre des femmes et ministre associée de la santé et des transports en Nouvelle-Zélande, a fait le buzz la semaine passée. Son fait de gloire ? Enceinte de 42 semaines, elle s’est rendue en vélo à la maternité d’Auckland pour accoucher. Un acte politique et médiatique selon cette pro-vélo écolo. Si certains ont trouvé sa démarche intelligente et courageuse, d’autres, au contraire, estiment qu’elle en a trop fait.

Carnet rose pour la seconde fois au gouvernement néo-zélandais. Quelques semaines avant Julie Genter, en juin 2018, c’est la Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern qui avait donné naissance à son premier enfant : elle était ainsi devenue la première dirigeante élue au monde à prendre un congé maternité. Cet événement avait fait couler beaucoup d’encre en Nouvelle-Zélande. Certains avaient trouvé inconscient et irresponsable de prendre un congé de six semaines alors qu’elle avait un poste à la tête de l’État. C’est maintenant au tour de la ministre des femmes de partir en congé maternité : avant cela, elle a créé le buzz une dernière fois et utilisé sa grossesse sur instagram pour défendre ses idées et son programme.

NOUVELLE-ZÉLANDE: Les femmes politiques néo-zélandaises en font-elles trop ?
Instagram: Jacinda Ardern

Où se situe la frontière entre politique et vie privée ? Est-ce que maternité et politique font bon ménage ; d’autant plus quand on on s’en sert pour promouvoir ses idées politiques ? À partir de quand en fait-on « un peu trop » ?

Coup de promo sur le lobby du cyclisme

Julie Genter, ministre des femmes en Nouvelle-Zélande, a choisi de se rendre en vélo à la maternité pour accoucher. Ce choix personnel (mais aussi professionnel !) a bien sûr fait l’objet d’un post sur la page Instagram de cette élue écologiste. Une publication qui a eu un effet boule de neige sur la toile. En quelques heures, le cliché a fait le tour du monde, propulsant la ministre au rang de vedette avant-gardiste ; certains allant même jusqu’à la qualifier de « légende » pour son « exploit physique ».

Julie Genter ne manque pas d’humour : pour justifier son geste, la jeune élue, a précisé qu’elle avait décidé de se rendre à la maternité pour le déclenchement de son accouchement parce qu’il « n’y avait plus de place dans la voiture pour elle ». Et de poursuivre que « faire du vélo la mettait dans un bon état d’esprit avant l’accouchement. »

Pour cette ministre engagée, toutes les occasions sont bonnes pour faire la promotion du cyclisme. Neuf mois auparavant, elle avait annoncé sa grossesse sur Instagram en postant un siège bébé sur son vélo.

N’en fait-on pas un peu trop ?

Les hommes et femmes politiques ne sont plus si différents des vedettes du star-system. Il arrive qu’ils utilisent leur vie privée pour faire avancer leur position. Bien sûr les critiques fusent devant ce genre de pratiques. Pour certains, les élus devraient montrer l’exemple et rester discrets : se rendre en vélo à la maternité le jour de son accouchement relève pour beaucoup de la futilité, voire de la bêtise. Est-il bien raisonnable de se mettre dans une situation à risque le jour de son accouchement ? Est-ce vraiment le moment de se faire mousser sur la toile ? Certains estiment qu’il ne faut pas tout mélanger. On peut être écolo et fervent défenseur du cyclisme tout en se rendant à la maternité pour accoucher à 42 semaines de grossesse… en voiture.

D’après le New Zealand Herald, James Shaw, le leader du parti écologiste néo-zélandais, a réagi lors d’une conférence en désignant ce procédé comme « très à la mode. » Il s’est dit « fier d’appartenir à un parti qui soutient cela et à un pays dans lequel deux membres de l’exécutif peuvent avoir des enfants tout en continuant à travailler ».

Toutefois, l’on peut être « très à la mode » mais rester raisonnables. Les gouvernements qui ont en leur sein des femmes en congé maternité ne courent pas les rues. Et lorsque c’est le cas, les critiques fusent le plus souvent. La Première ministre a essuyé de nombreux jugements lors de son congé maternité qui n’a duré que six semaines alors que la durée légale du congé maternité pour une femme en Nouvelle-Zélande est de quatorze semaines. Politique et maternité ne font pas toujours bon ménage !

Mahé – Équipe Le Fil Rouge

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