OUZBÉKISTAN : À Boukhara, la maison d’hôtes d’Hélène, pianiste française

OUZBÉKISTAN : À Boukhara, la maison d’hôtes d’Hélène, pianiste française
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Hélène Pelosse découvre l’Ouzbékistan lors d’un séjour en 2006. Charmée par la beauté de la ville de Boukhara, ancienne cité caravanière sur la route de la soie, et par le peuple ouzbek, elle fait le pari fou d’un changement de vie. Près de dix ans après son premier séjour, elle ouvre sa maison d’hôtes, avec ses deux associées locales. Retour sur un projet atypique né d’un coup de cœur.

Six ans auront été nécessaires à Hélène Pelosse pour ouvrir sa maison d’hôtes à Boukhara. De la vente de sa propriété en région parisienne à l’obtention de sa licence hôtelière, elle nous livre l’histoire de ce qui est devenu Helene Oasis, un établissement de charme qui accueille touristes et hommes d’affaires toute l’année.

Une pianiste devenue entrepreneure

« Je suis née à Paris et suis pianiste à l’origine. Je travaillais au conservatoire et n’ai jamais monté ma propre affaire. Toute ma vie, c’est la musique et les voyages.

En 2006, ma sœur et son mari m’ont invitée à aller avec eux en Ouzbékistan. La beauté des villes anciennes et l’hospitalité du peuple ouzbek m’ont charmée. L’année suivante je suis revenue seule : j’ai vu une représentation musicale sur une petite scène à Kokand et je me suis dit que ce serait bien de faire quelque chose de similaire pour la réception de musiciens. C’est ainsi qu’est née l’idée d’ouvrir une maison d’hôtes dans laquelle mes amis musiciens pourraient s’arrêter. »

OUZBÉKISTAN : À Boukhara, la maison d’hôtes d’Hélène, pianiste française
Cour intérieure de la maison d’hôte

« En 2008, après mon retour en Ouzbékistan, j’ai commencé à chercher une maison dans la vieille ville de Boukhara. Il n’y a que dans cette ville d’Ouzbékistan que l’architecture originale du passé est encore préservée, ce qui est très apprécié par les étrangers. En décembre, j’ai acheté cette maison, ainsi que la maison voisine, afin de les combiner dans un mini-hôtel. Il y avait aussi des dépenses pour la construction, la reconstruction, la restauration, l’achat de matériel et de meubles. J’ai investi mon propre argent. J’ai vendu ma maison, léguée par mes parents, à trois kilomètres de Paris.

Les méandres de l’administration ouzbek

Pour l’hôtel, je me suis associé à deux femmes. La co-fondatrice du projet est Lola Oblokoulova que j’ai rencontrée dans un hôtel de Samarcande. Elle et la directrice de l’hôtel, Roukhanguiz Goulyamova, ont fait tout le chemin à mes côtés. Je dis toujours que la construction et la gestion de cet hôtel repose sur les épaules de trois femmes fragiles.

Il nous a fallu un an pour enregistrer les documents cadastraux et autres documents nécessaires. C’était peut-être la plus grande difficulté. C’était la saison de la récolte du coton et le maire de la ville ne pouvait nous recevoir qu’à onze heures du soir, après l’inspection des champs. Et puis, chaque fois que nous devions fournir plus de documents, nous n’étions pas tout de suite informées, cela nous prenait plus de temps à chaque fois.

OUZBÉKISTAN : À Boukhara, la maison d’hôtes d’Hélène, pianiste française
Décoration : exposition de céramiques artisanales traditionnelles

Finalement, grâce à mes collègues ouzbeks nous avons obtenu la permission pour la construction et la reconstruction. »

Une montée en puissance

En 2012, nous avons terminé la construction et la restauration et commencé à acheter de l’équipement. Je ne pouvais pas assurer le paiement de l’ensemble des frais en une seule fois. Cela a été fait petit à petit : le câblage électrique, l’achat de la plomberie et son installation, l’achat de climatiseurs et d’autres équipements… Pour cette raison, il y a eu des pauses dans le processus et ce n’est qu’en 2014 que nous étions prêtes à demander une licence. En novembre la licence était approuvée et, en mars 2015, nous avons reçu nos premiers touristes. J’ai été aidée par différents voyagistes locaux : ce sont eux qui envoient les principaux contingents de touristes vers notre hôtel.

OUZBÉKISTAN : À Boukhara, la maison d’hôtes d’Hélène, pianiste française
Chambre double de la maison d’hôte

En 2016, nous avons accueilli l’auteur du guide français Petit Futé qui a écrit une bonne recommandation, ça nous a aidé à remplir l’hôtel. Ensuite, un excellent article à propos de notre maison d’hôtes a été mis en ligne sur le site de l’ambassade de France. Et puis le bouche à oreille a fait venir les touristes locaux.

Une vie entre l’Ouzbékistan et la France

En haute saison, nous sommes complets. Malheureusement, il y a un déclin de l’activité chaque année. Le tourisme à Boukhara est une affaire saisonnière or nous travaillons toute l’année. En basse saison, nous n’avons que des personnes qui viennent en ville pour des raisons personnelles ou pour des voyages d’affaires, ce qui ne remplit pas l’hôtel. Nous n’avons pas encore dégagé de profit. Pour l’instant, l’argent gagné part dans le développement de l’hôtel, pour les salaires des employés et autres paiements nécessaires au cours de l’année.

Cette année nous observons une augmentation du flux de touristes. Les lois adoptées par le nouveau président pour le développement du tourisme sont très positives et permettent de simplifier notre travail. Si, en 2015, nous n’avions que 365 touristes sur l’année, nous en avons eu presque deux fois plus en 2017. Selon nos calculs, nous pourrons dégager un premier profit en 2019.

Pour moi, l’hôtel n’est pas un moyen de gagner de l’argent. Je prends simplement plaisir à m’en occuper. J’aime l’ambiance, la communication. Je peux moi-même repasser les sous-vêtements, aider les filles à faire le ménage. Ici, je combine l’utile à l’agréable, je fais de nouvelles connaissances intéressantes. Quand mes amis musiciens viennent à Boukhara, nous organisons de petits concerts. Je rêve d’organiser des concerts avec des étudiants doués des collèges de la ville, mais je n’en ai pas eu le temps pour l’instant.

J’aime l’Ouzbékistan, mais mes enfants et mes petits-enfants qui vivent en France me manquent. Je ne passe que trois mois au printemps et deux mois à l’automne à Boukhara. Le reste du temps, je suis à la maison en France ou en voyage. »

Novastan

Cet article a été publié le 21 juillet 2018 sur Novostan. Retrouver l’article dans son intégralité ici.

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