PÉROU : Zarela, une avocate pas comme les autres au centre pénitentiaire

Pérou : Zarela, une avocate pas comme les autres au centre pénitentiaire
  • 9
    Shares

Zarela a 27 ans et vit à Lima, la capitale du Pérou. Cette jeune avocate péruvienne passionnée de danse folklorique n’a pas froid aux yeux et se fixe toujours de nouveaux objectifs. Elle termine en ce moment de nouvelles études en psychologie et envisage même une carrière en politique…

Une vie dans la capitale

Je m’appelle Zarela et j’ai 27 ans. Je vis à Lima au Pérou mais je suis née à Puno, dans le sud du pays au bord du célèbre lac Titicaca. Je suis allée vivre dans la capitale pour le travail et finalement j’ai décidé d’y rester mais ma famille vit toujours là bas.

Pérou : Zarela, une avocate pas comme les autres au centre pénitentiaire
Zarela

Je suis célibataire et je n’ai pas d’enfants car je ne me sens pas encore prête à assumer les responsabilités qui vont de paire avec une vie familiale. J’ai aussi besoin d’atteindre les objectifs personnels que je me suis fixée avant de pouvoir dédier du temps à une famille. En effet je suis avocate et en plus de cela, je me suis lancée dans de nouvelles études en psychologie. A côté, je travaille actuellement à l’INPE, l’Institut National Pénitencier du district de Surquillo.

Dans une journée normale, je me lève à 5h du matin et je prépare mon petit déjeuner puis je vais à la salle de sport. Je ne pratique aucun sport en particulier mais j’aime faire du cardio. Ensuite je pars au travail à 8h et j’ai l’habitude de déjeuner dans un restaurant aux alentours. Mon plat préféré est le porc sauté mais je mange aussi souvent du poulet rôti avec de la purée ou encore du riz au poulet, j’adore la cuisine créole ! – Je déteste le cliché qui dit que les Péruviens mangent les pigeons ! Je ne sais pas d’où ça sort, nous avons une des meilleures gastronomies et les étrangers me demandent comment on prépare le pigeon ! – Je termine ensuite ma journée de travail autour de 17h mais je ne vois pas pour autant mes amis car je suis très occupée avec mes études. En général je trouve le temps une fois toutes les deux semaines pour les retrouver. Pour me détendre, j’aime sortir et marcher un peu ou encore aller au cinéma, je suis une fan de films d’horreur ! Mais danser est à ma grande passion…

Pérou : Zarela, une avocate pas comme les autres au centre pénitentiaire
Zarela à droite, entourée de ses amies

La passion des danses traditionnelles

Sur mon temps libre, je danse le Tobas, une danse folklorique de Bolivie. Cela peut surprendre pour une Péruvienne mais je suis née dans la région sud du pays, tout près de la Bolivie. Depuis longtemps, j’adore le Tobas et je pratique cette danse autant que je le peux. Je participe à des démonstrations et j’accompagne les artistes. C’est une véritable passion !

Depuis 2008 j’ai l’opportunité de voyager à Oruro en Bolivie pour le carnaval. Ce carnaval a lieu entre février et mars tous les ans. Il s’agit en fait d’un grand défilé où d’autres danses boliviennes sont aussi mises à l’honneur. C’est une expérience unique pour ceux qui y participent comme pour les spectateurs ! Pour moi ce sont toujours de merveilleux voyages… Chaque année nous changeons d’uniformes et je les garde tous ! Ainsi si je dois faire de nouvelles représentations ils sont prêts pour l’emploi.

Pérou : Zarela, une avocate pas comme les autres au centre pénitentiaire
Zarela à Oruro en Bolivie pour le défilé de danse Tobas

Parmi les danses de mon pays, j’aime danser le Huaylas, la contradanza et la marinera. En fait, je suis intéressée par toutes les danses folkloriques mais pour les danses péruviennes, j’ai seulement pu danser en costume le Huaylas, je pratique les deux autres seulement pour mon plaisir.

Une avocate psychologue

J’ai fait le choix de devenir avocate car j’ai toujours été attirée par le droit et la psychologie. La seule branche de psychologie qui existe pour le métier d’avocate se trouve dans le travail pénitencier. A l’Institut Pénitencier National mon travail est très intéressant et j’apprends de nouvelles choses tous les jours.

Je travaille avec des personnes qui ont enfreint la loi et qui après avoir purgé leur peine, ont été remises en liberté. Conformément aux dispositions légales en vigueur, ils doivent assister à des ateliers où j’interviens auprès d’eux. Le but est de les aider à identifier leurs pensées irrationnelles, de leur faire comprendre l’importance de respecter les règles de la vie en société pour pouvoir se sociabiliser. Je leur fais passer des tests psychologiques et j’apprends à leurs côtés. C’est seulement en obtenant ce poste que j’ai appris moi aussi à identifier mes raisonnements irrationnels !

J’espère qu’un jour on pourra donner ce genre de cours au collège dans mon pays. Moi je n’ai jamais étudié cela alors que j’avais une matière dite « psychologie » mais on y étudiait seulement les différents types de personnalités et un peu d’histoire… des connaissances que j’ai très vite oublié. Aujourd’hui je comprends que la santé mentale est fondamentale pour le développement de tout être humain. Je suis heureuse de terminer ma licence en psychologie et j’ai hâte de pouvoir appliquer tout ce nouveau savoir à ma vie d’avocate.

Le droit, la psychologie, et pourquoi pas un peu de politique ?

Chaque pays a ses propres problèmes mais c’est vrai que j’ai du mal à fermer les yeux sur le chômage qui augmente, la corruption qui gagne du terrain chaque jour et qui nuit gravement à notre état. Nous n’avons toujours pas les services de base en électricité et égouts dans certains endroits au centre du pays. Sans parler des indices de violences domestiques qui sont beaucoup trop élevés, du manque d’éducation ou encore des services de santé déficients ou bien carrément inexistants dans certaines parties du Pérou.

Durant les élections c’est incroyable la quantité de propagande politique qui circule dans la rue. Le plus préoccupant c’est que l’on dirait qu’aujourd’hui faire de la politique revient à monter un business. Ce n’est pas servir le peuple mais se servir du peuple ! J’espère que cette situation va changer, parfois je me demande si moi aussi je pourrais prétendre à une élection… Je considère que les connaissances s’acquièrent et ce qui manque ce sont des gens honnêtes !

Pérou : Zarela, une avocate pas comme les autres au centre pénitentiaire
Zarela en costume typique de Puno

C’est juste une idée et je n’ai encore rien de prévu à court terme… Je suis très fière d’être Péruvienne car nous avons une culture ancestrale et des paysages énigmatiques comme le Machu Pichu (que j’ai visité à plusieurs occasions) et le lac Titicaca d’où je suis originaire. Peut-être qu’un jour je me présenterai moi aussi comme candidate car j’en ai vraiment marre de toute la crasse de cette classe politique. Une chose est sûre, si je me lance en politique, vous me verrez sur les réseaux sociaux !

Propos recueillis par N.D.S – Equipe Le Fil Rouge

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *