RUSSIE : Les tatouages de prisonniers russes immortalisés sur porcelaine

tatouages porcelaine russes

En Russie, la porcelaine bleue est une institution. Les tatouages des prisonniers une marque de fabrique. Dans sa collection From Russia with Love l’artiste Valeria Monis, installée à Tel-Aviv, a choisi de réunir les deux. Elle crée des pièces artisanales en porcelaine sur lesquels elle reproduit l’art subversif des prisons russes.

L’art des contrastes

Des squelettes dévergondés à la gratte, des sirènes aux seins lourds trompette en bouche qui déclarent leur amour, des églises tenues au creux d’une main, qu’ils soient subversifs ou qu’ils vantent les joies de l’amour conjugal, les tatouages des prisonniers russes ne font pas dans la finesse. Pourtant, ce sont bien ces motifs rudes, parfois violents, que l’artiste Valeria Monis reproduit sur de la porcelaine délicate.

tatouage russes porcelaine

Un style tout en contraste comme l’explique l’artiste. « Dans la Russie soviétique, la porcelaine blanche était un symbole de la richesse alors que les tatouages étaient un symbole du crime et de la pauvreté que seuls les prisonniers arboraient. [La collection] From Russia with Love relie l’art subversif des tatouages criminels russes à la fabrication traditionnelle de la porcelaine bleue, réunissant deux composantes opposées mais tout aussi importantes et influentes de l’histoire de l’art russe. »

Des créations artisanales uniques

Née en Ouzbékistan mais installée à Tel-Aviv, la jeune designeuse crée toutes ses pièces à la main. Elle coule elle-même sa porcelaine pour réaliser des assiettes et des vases sur lesquels elle reproduit ensuite, au pinceau, ses motifs préférés. Fidèle à la tradition russe, Valeria n’utilise qu’une seule couleur, le bleu, pour illustrer ses pièces.

Si ces céramiques ont déjà été exposées dans différentes galeries, où elles s’arrachent comme des petits pains ; elles sont aussi disponibles à la vente sur le site de l’artiste. Il faut compter entre 200 dollars pour la petite assiette et 400 dollars pour un vase.

L’encyclopédie des tatouages criminels russes

Mais où Valeria Monis puise-t-elle son inspiration ? Dans les archives de la police mais surtout dans la fameuse Encyclopédie des tatouages des criminels russes de Danzig Baldaev, gardien de prison qui a accumulé plus de 3.000 dessins ou photographies de tatouages à partir des années 1970.

Trois volumes ne sont pas de trop pour raconter l’histoire et la signification de ces dessins dans l’univers carcéral russe. « Il n’y a aucun autre endroit où les tatouages expriment un langage aussi unique. Chaque image est chargée de sens, un tatouage peut être littéralement une affaire de vie ou de mort pour celui qui le porte » confie Damon Murrey co-fondateur de Fuel qui a publié un livre sur les tatouages des prisonniers russes.

tatouages prisonnier russe

Avec sa collection From Russia with love, Valeria Monis fait entrer la réalité de l’univers carcéral russe dans l’intimité feutrée de nos salles à manger. Il fallait oser !

Tiphanie François – Équipe Le Fil Rouge

Photos prises sur le site de l’artiste

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