POLYNÉSIE FRANÇAISE : Tahiti à la reconquête du monde du va’a

tahiti course de va'a pirogue
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La 18e édition des championnats du monde de va’a se tient à Tahiti du 19 au 26 juillet. Relativement méconnues à travers le monde, les courses de pirogues connaissent pourtant depuis les années 1970 un engouement populaire incroyable en Polynésie Française. 

Tahiti insubmersible ou presque

C’est en 1984 qu’a lieu la première compétition internationale de courses de va’a ou pirogues à balancier unique. 34 ans plus tard, Tahiti s’apprête à défendre, sur ses eaux, sa place de leader en vitesse. En 17 événements, l’île, capitale de Polynésie Française, s’est toujours imposée en tête de la compétition. Une seule déconvenue, en 2016 : la Nouvelle-Zélande avait alors créé la surprise en raflant la première position au champion historique. Cette année Tahiti entend bien retrouver son titre.

Mais la compétition sera rude. En ce mois de juillet les organisateurs attendent plus de 2.000 athlètes venant de 34 pays. L’Océanie tient, sans surprise, la tête des effectifs avec 15 délégations et plus de 1.500 athlètes. Durant cette semaine de compétition les rameurs s’affronteront sur trois types de courses, en pirogues de une à douze places sur des distances de 250 à 1500 mètres (quand les épreuves de marathon se jouent sur 30 à 150 kilomètres en haute mer).

Coïncidant avec les festivités du Heiva, une manifestation culturelle organisée chaque année à Tahiti, la compétition devrait accueillir de nombreux touristes mais aussi des Polynésiens en nombre ; l’engouement pour la discipline est énorme dans le berceau des va’a. Il faut dire que, comme le précise, le comité organisateur le va’a est un « un pilier de l’histoire et de la culture polynésiennes ; il possède une grande valeur symbolique pour les peuples du Pacifique. »

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© Association Tahiti Va’a 2018

À la conquête du Pacifique

Et ce n’est rien de le dire. Selon les historiens, le va’a trouverait ses origines il y a plus de 40.000 ans. C’est surtout aux alentours de 2000 ans avant notre ère que ces embarcations, construites exclusivement en matériaux végétaux, ont permis, depuis l’Asie du sud-est, l’incroyable conquête du Pacifique, l’océan le plus vaste sur la surface de la terre. C’est dans cet esprit que l’universitaire Yves Leloup affirme que le va’a « véhicule une mémoire collective liée à la conquête pluri-millénaire du Pacifique. »

« Symbole vivant de la culture millénaire polynésienne », les courses de pirogues connaissent à Tahiti et dans les îles un succès fou car elles sont le « symbole d’un renouveau basé sur la réappropriation et la réactualisation d’un héritage ancestral » qui avait été mis à mal par la colonisation. En effet, c’est au milieu du 18e siècle, à l’heure du protectorat français, que sont organisées pour la première fois ces courses. Elles célèbrent alors la puissance colonisatrice. Ce n’est que dans les années 1970 que l’on assiste à une réappropriation des courses sportives de pirogues par les Polynésiens eux-mêmes.

Toujours très présente dans la vie quotidienne des Polynésiens (pour la pêche et comme moyen de déplacement) la pirogue reste un élément central de la culture locale. Une raison suffisante pour s’imposer aux championnats du monde de va’a – vitesse ? À suivre dans les jours qui viennent !

FT. – Équipe Le Fil Rouge

Photos : site de l’Association Tahiti Va’a 2018

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