TANZANIE : Fanny, une vie d’amour et d’eau fraîche chez les Maasaï

tanzanie fanny une vie d'amour chez les maasaï massaï
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Lors d’un chantier de volontaires à Zanzibar, Fanny rencontre Ibra. Elle est Française, il est Tanzanien. Depuis, ils se sont mariés, ont eu un enfant et ne se quittent (presque) plus. Installés en Tanzanie ils prévoient d’ouvrir une maison d’hôtes sur les hauteurs de Morogoro où ils ont construit leur maison. Fanny raconte sa rencontre avec la culture maasaï.

De l’Alsace à la Tanzanie

J’aurai 32 ans cette année. Je suis née à Thann, une petite ville d’Alsace et je vis aujourd’hui à Morogoro en Tanzanie. Difficile à imaginer pour moi qui n’était pas très attirée par l’Afrique ! Même si être loin de ma famille me pèse, j’ai toujours su que je ne voulais pas m’établir dans ma région natale. J’ai eu la bougeotte assez tôt. Après mon Bac littéraire, j’ai passé six ans à Strasbourg pour suivre des études en fac d’anglais puis en école d’infirmière. Entre temps j’ai passé un peu de temps en Écosse où j’ai été jeune fille au pair. J’étais bien là-bas mais je n’ai pas pu m’y établir : les démarches pour trouver du travail ont eu raison de mes économies ! Finalement, je suis rentrée en France et j’ai commencé à exercer comme infirmière. Ça a duré trois ans.

En 2012, alors que les vacances d’été approchaient, je me tâtais à partir seule. J’avais pensé à l’Amérique Latine ou l’Asie. Je me suis renseignée sur le volontariat et j’ai trouvé un chantier qui m’a plu : « Échange avec femmes et enfants d’une communauté locale et rénovation d’une école ». C’était à Zanzibar. Autant vous dire que je n’avais aucune idée d’où était Zanzibar, mais je me suis lancée. Une fois sur place j’ai adoré. Parmi les autres volontaires figuraient Ibra. À la fin du séjour j’ai su que je reviendrais.

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J’y suis retournée en 2013 puis Ibra est venu en France quelques mois. Il était inconcevable pour moi d’envisager une relation sans qu’il sache d’où je viens et qui je suis. À cette époque, nous avions déjà pour projet de créer une maison d’hôtes en Tanzanie. J’avais quitté mon CDI confortable d’infirmière pour faire de l’intérim en Suisse et mettre de l’argent de côté pour notre projet. Et puis en mars 2014 j’ai découvert que j’étais enceinte. Tous nos plans ont été chamboulés. Finalement, début 2015 nous sommes repartis en Tanzanie… à trois !

Trouver l’équilibre entre deux cultures

Depuis nous faisons des allers-retours entre la France et la Tanzanie. Après avoir vécu un mois dans le village d’Ibra nous avons trouvé une location en ville. C’est là que nous avons accueilli nos premiers invités via Airbnb. Et finalement nous avons trouvé le terrain de nos rêves sur les hauteurs de la ville. Nous avons commencé à construire notre maison. Nous avons vécu un moment sans électricité mais aujourd’hui nous avons quatre chambres (dont deux que nous louons) et enfin un frigo, un chauffe-eau et une machine à laver ! À terme, nous voudrions construire une piscine et ajouter un petit bâtiment qui concentrerait nos chambres d’hôtes.

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Nous voulons proposer un lieu confortable mais abordable financièrement et surtout accessible aux familles. L’idéal serait que nos invités se sentent comme à la maison. On aime faire découvrir ce que nous avons déjà testé dans la région : un safari au parc national de Mikumi, des randonnées, une visite du village de mon mari ou du grand marché maasaï. Le tout dans le respect de l’authenticité.

Pour l’instant je rentre encore régulièrement en France. Tant que notre activité n’est pas bien lancée et ne nous permet pas d’en vivre, je couvre mes arrières. Mais le bouche à oreilles commence à prendre. Bref les choses ne sont pas tout à fait calées. Mais c’est un peu la philosophie d’ici, les choses se gèrent au jour le jour. En Tanzanie les gens accueillent les choses telles qu’elles viennent et s’écoutent beaucoup : s’ils n’ont pas l’envie ou la force de faire quelque chose le jour même, ils ne se mettent pas de pression. C’est curieusement aussi ce qui peut être irritant pour nous qui avons l’habitude d’anticiper. J’essaie de trouver un juste équilibre.

Regarder ensemble dans la même direction

Cet équilibre c’est aussi ce que nous recherchons dans notre famille même si Ibra et moi venons de deux mondes très différents. Mon mari vient d’une communauté polygame où se pratique l’excision. Mais très jeune il s’est mobilisé contre ces pratiques. Il voudrait d’ailleurs faire un documentaire pour sensibiliser les Maasaï. Au-delà de nos différences nous nous retrouvons sur des valeurs communes : l’amour de chacun, le respect, la liberté. L’expression « s’aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, mais regarder ensemble dans la même direction » prend tout son sens pour nous.

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Bien sûr nous faisons beaucoup de compromis. Ibra ne voulait absolument pas vivre en Europe, s’y sentant privé de liberté, trouvant les Européens trop stressés. Il faut dire que les Maasaï sont principalement des éleveurs et qu’ils ont l’habitude d’avoir de l’espace. À l’origine ils étaient nomades, mais depuis plusieurs années ils se sédentarisent sous la pression de l’État. De mon côté j’étais prête à bouger mais pas à vivre dans son village. Nous nous sommes donc installés dans la grande ville la plus proche, à quatre heures de Dar Es Salam. C’est aussi une question de confort, même si ici tout se paye. La vie est chère dès que l’on veut une voiture, de l’électricité, de l’eau chaude, etc.

Le confort, pour une Française ça passe aussi par la nourriture. Ici il y a des choses qui me manquent : le fromage, le pain, le saumon ! Mais au-delà d’aliments particuliers, ce qui me manque le plus c’est la variété. Malgré la profusion de fruits et légumes, les Tanzaniens cuisinent globalement toujours la même chose, de la même façon. Du riz ou du ugali, de la semoule de mais, avec une viande en sauce ou des haricots rouges. C’est très bon, mais en Europe nous avons l’habitude de varier nos repas.

J’ai conscience toutefois que cette double culture est une vraie chance pour notre fils. À trois ans, il parle trois langues (Français, Anglais et Swahili) et comprend un peu le Maasaï !

Fanny L. – Équipe Le Fil Rouge

13 commentaires


  1. Vraiment inspirant comme histoire! Ca fait rêver tout en restant réaliste. Votre projet de maison d’hôte c’est vraiment formidable et vous semblez avoir une excellente communication avec des valeurs communes. Si je viens en Tanzanie c’est certaine que je loge chez vous ????Report

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    1. Merci Christine, nous serons ravis de vous faire découvrir notre région si vous passez par chez nous !Report

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  2. Bonjour, puis je avoir le nom du air bnb, j’aimerai y faire un tour svp ?! Merci d’avance !Report

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    1. Bonjour ! Notre maison s’appelle Oldonyo Mountain view rest house, située à Morogoro. Vous nous trouverez sur airbnb en tapant la ville, sinon aussi en direct via notre page Facebook où vous trouverez également plein d’informations et photos de nous, avis et conseils ! Voici le lien : https://web.facebook.com/fannyandibra/

      N’hésitez pas à me contacter pour toute question ! 🙂Report

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  3. J’ai un peu la même histoire sauf que je vis dans une tribu karen en Thaïlande.
    J’y suis venue il y a quelques années en vacances et je ne suis jamais partie.
    Quelle liberté de vivre au milieu de la jungle auprès d’un peuple si inspirant.
    Nous acceuillonsommes également des voyageurs dans notre village.Report

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    1. Bonjour Pauline !
      Génial, une autre histoire magique 🙂 Je serai ravie d’avoir vos coordonnées, si un jour nous décidons à visiter l’Asie !Report

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  4. Très jolie histoire et beau parcours.. Je vous souhaite de poursuivre dans cet élan, de la réussite et surtout beaucoup de Bonheur encore à venir !
    Si je passe dans la région, c’est sûr, je viendrai vous faire un petit coucou !Report

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  5. Magnifique rencontre!!!
    Et très belle histoire d’amour…
    Ça fait rêver✨
    Je serai très heureuse de découvrir ce pays.
    Qui sait????
    L’annee Dernière c’etai Oman, cette année Bali, l’anne Prochaine je ne sais pas encore…
    Tout ce que je sais c’est que voyager est important et essentiel pour moi car cela me permet de découvrir d’autres cultures et des gens formidables.
    Belle suite à toi et à ta petite famille
    BizReport

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    1. Merci beaucoup ! Au plaisir de te croiser en Tanzanie, comme tu dis, qui sait 😉 ?!
      Les voyages apportent tellement de choses !Report

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  6. Le monde a besoin de vous, de votre couple, de votre histoire, pour combattre le racisme. JE VOUS SALUE HAUTEMENT !Report

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    1. Merci… Nous ne sommes qu’une goutte d’eau dans un vaste océan, mais sans les gouttes, l’océan n’existerait pas… alors continuons tous d’y croire !Report

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  7. Je suis très fière de vous FANNY,
    C’est vraiment très inspirant votre histoire et je sais que vous réussirez certainement.
    Je vous souhaite beaucoup de bonheur.Report

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