TURQUIE : La féérie des habitats troglodytes et des villes souterraines

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Des fées, des villes souterraines, une vallée de l’amour, le Parc National de Göreme en Cappadoce, sait alimenter légendes et mystères. Cette région d’Anatolie vaut le détour pour ses magnifiques cheminées de fée et ses habitats troglodytes dont certains sont encore habités aujourd’hui. Plus surprenant, plus de 200 villes souterraines, anciens refuges construits jusqu’à plus de 80 mètres de profondeur, parsèment la région. Classés au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1985, ces sites rupestres sont grandioses.

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Cheminées de fée et vallée de l’amour

Il y a bien longtemps, trois volcans se faisaient face sur le sol de la Cappadoce. Leurs éruptions successives ont déposé des couches de débris qui se sont finalement agglomérés pour donner une roche tendre et friable, le tuf, sur plus de 20.000 km2. L’érosion a fait le reste. Pluies, ruissellement, gel et dégel ont, pendant des milliers d’années, provoqué des fissures et dissous la roche. C’est ainsi que, protégées par des chapeaux en basalte, une roche volcanique très résistante, de solides mais étroites colonnes rocheuses émergent aujourd’hui.

troglodytes roche

Leur allure a donné lieu à de nombreuses légendes. Entre autres, on raconte que dans les temps anciens fées et humains vivaient côte à côte jusqu’au jour où les fées quittèrent la région après avoir été menacées par les humains effrayés d’une passion amoureuse naissante entre un des leurs et une fée. C’est pour cela que l’on appelle ces formations rocheuses, des cheminées de fée (ou demoiselles coiffées). Mais l’allure évocatrice de ces cônes a aussi donné lieu à des noms plus poétiques, comme la vallée de l’amour. On vous laisse imaginer pourquoi !

Le parc national de Göreme est aussi connu pour ses habitats troglodytes (en particulier dans les villages de Göreme et d’Uçhisar) anciens sanctuaires pour les populations chrétiennes dès le 4e siècle. Selon l’UNESCO, « les habitations, villages, couvents et églises rupestres conservent l’image « fossilisée » d’une province de l’Empire byzantin entre le IVe siècle et l’arrivée des Turcs seldjoukides (1071). Ils sont, en conséquence, les vestiges essentiels d’une civilisation disparue. » Toujours soumis à l’érosion, certains de ces habitats sont très abîmés. Les plus intactes sont encore habités ou ont été transformés en hôtel.

troglodytes maisons

 

Des cités souterraines

Parmi les sites rupestres de Cappadoce figurent quelques 200 villes souterraines (toutes n’auraient pas été découvertes), parmi lesquelles les célèbres Derinkuyu et Kaymali, reliées entre elles par un tunnel long de 8 kilomètres. Ce n’est qu’en 1963 que, par hasard, la ville souterraine de Derinkuyu est découverte. Ces villes sont impressionnantes par leur taille évidemment, mais aussi par l’ingéniosité dont elles témoignent.

Organisées sur plusieurs niveaux (généralement 7 à 8 étages, mais certaines villes comptaient une vingtaine de niveaux), ces cités étaient agencées autour de galeries et de pièces à vivre : étables, églises, espaces de stockage pour les vivres et le fourrage et même cimetière ! Cheminées d’aération et puits permettaient une vie presque comme à la surface.

troglodytes ville souterraine

Ces villes auraient servi de refuge aux premiers Chrétiens persécutés par les Romains puis par les Ottomans. Certains travaux avancent une origine bien plus ancienne. Les Hittites arrivés depuis les Balkans avant de s’établir en Anatolie 2.000 ans avant notre ère, auraient bâti ces citadelles souterraines. Si les origines de ces places fortes font débat, ce qui est certain c’est qu’elles étaient destinées à accueillir plusieurs dizaines de milliers de personnes en cas d’agression. Des systèmes ingénieux de défense avaient d’ailleurs été imaginés. Par exemple, les couloirs étroits ne permettaient le passage que d’un seul homme, des meules en pierre (de 1,5 à 2 mètres de diamètres) permettaient de fermer les accès aux pièces pour contenir l’intrusion d’éventuels ennemis.

Ces sites rupestres n’ont pas fini de nous émerveiller !

I.M. – Équipe Le Fil Rouge

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de l’Unesco 

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