ZIMBABWE – GONAREZHOU : Les animaux du sud sauvage

girafe au parc Gonarezhou

Au sud-est du Zimbabwe, le Parc National du Gonarezhou est un sanctuaire pour la faune sauvage. Après avoir été décimés par le braconnage ou la chasse, les mammifères ont vu leurs effectifs augmenter grâce aux politiques de conservation menées depuis les années 1990. Au cœur de la savane arborée, entre falaises de grès rouge et rivières majestueuses, les visiteurs partent à l’affût des « big five ». Petite visite guidée.

hippopotames au parc de Gonarezhou
Des hippopotames barbottent

« L’endroit qui abrite beaucoup d’éléphants »

Le Parc du Gonarezhou est l’un des onze parcs nationaux du Zimbabwe. Situé dans la région des « lowveld », ces plaines chaudes caractéristiques du sud-est du pays, il s’étend sur plus de 5.000 km2 aux frontières de l’Afrique du Sud et du Mozambique.

Parmi les parcs les plus reculés et les moins fréquentés du Zimbabwe, il est fermé au public lors de l’été austral (au Zimbabwe, situé sous l’équateur, l’été a lieu entre septembre et mars). Les pluies rendent alors impraticable l’essentiel de son domaine fortement escarpé. Trois rivières principales – les Runde, Save et Mwenezi – parcourent et creusent ces bas plateaux. Les falaises de grès rouge de Chilojo, qui s’élèvent à près de 200 mètres de haut, offrent une vue parmi les plus spectaculaires du parc.

panorama du parc Gonarezhou
La Runde river, depuis les falaises de grès rouge de Chilojo ; un panorama spectaculaire sur les paysages alentour.

Savanes arbustive et arborée jalonnent le parc et offrent un habitat exceptionnel pour des centaines d’espèces animales. Entre mopanes et baobabs, il n’est pas rare d’apercevoir des dizaines d’oiseaux, d’antilopes, de girafes, d’éléphants. C’est d’ailleurs la population d’éléphants, dont le nombre est particulièrement élevé, qui donne son nom à ce parc ; « Gona rhe zhou » signifie en effet « l’endroit qui abrite beaucoup d’éléphants » en Shona, la langue véhiculaire au Zimbabwe (avec l’Anglais).

Gonarezhou parc runde
Les gorges de la Runde river, le point le plus bas du parc. L’endroit est idéal pour observer les animaux venant s’abreuver, particulièrement pendant la saison sèche quand les points d’eau se font plus rares.

Vers un « peace park » transfrontalier

Si les éléphants ont donné leur nom au parc, ils ont longtemps été victimes de braconnage voyant ainsi leurs effectifs dégringoler. En 1920 déjà un célèbre chasseur de la région tue un spécimen dont les défenses (pesant plus de 110 kg) sont connues pour être les plus grosses jamais enregistrées en Afrique Australe. Pour endiguer les pratiques de braconnage qui menacent la faune du Gonarezhou le site est classé dès 1975 Parc national : les populations qui vivaient à l’intérieur de la zone sont déplacées.

Mais ces mesures sont mises à mal par la guerre civile qui se déroule au Mozambique entre 1980 et 1992. A la recherche de nourriture, la guerrilla mozambicaine multiplie les incursions sur les terres du Gonarezhou. Le parc est ainsi contraint de fermer ses portes au public pendant 10 ans. Il ne réouvre qu’en 1994.

femelle kudu au parc Gonarezhou
Une femelle kudu et deux pique-bœufs qui se nourrissent des parasites qui vivent sur le dos de l’animal

Au début des années 2000, un projet ambitieux voit le jour. L’objectif est de mettre sur pied une zone de conservation transfrontalière entre le Zimbabwe, le Mozambique et l’Afrique du Sud : c’est le Great Limpopo Transfrontier Park. Sur 35 000 km2 le projet réunit des parcs nationaux contigus, des réserves privées, des corridors écologiques et des zones de chasse. La mise en place de cette gestion concertée vise notamment à rétablir les routes migratoires et l’écosystème régional.

falaise de Chilojo parc Gonarezhou
La savane sèche arborée aux pieds des falaises de Chilojo

Sur la trace des « big five »

Ces mesures ont favorisé la préservation des espèces végétales et animales du Gonarezhou. Selon la Frankfurt Zoological Society, qui gère le parc en lien avec le Ministère zimbabwéen de l’environnement, plus de 924 espèces de plantes, dont 265 arbres ont été recensées. C’est aussi 400 espèces d’oiseaux et 89 espèces de mammifères que les visiteurs peuvent observer. La population d’éléphants continue d’augmenter avec une croissance de ses effectifs de 6% par an.

elephants au parc Gonarezhou
Petit groupe d’éléphants

Cette diversité fait le plus grand bonheur des visiteurs du parc qui se lancent, dans une nature préservée, sur la trace des fameux « big five » ; le terme désigne le lion, le léopard, l’éléphant, le buffle et le rhinocéros noir.

Leopard au parc Gonarezhou
Le léopard figure parmi les « big five »

Des safaris (à pied ou en 4×4) peuvent être organisés par des organismes de tourisme, mais les baroudeurs peuvent également se rendre dans le parc par leurs propres moyens. Il est alors indispensable de prévoir une voiture tout terrain pour emprunter les pistes accidentées ou traverser les rivières et de prévoir des vivres car il n’y a aucune possibilité de ravitaillement à l’intérieur du parc.

Girafe au parc de Gonarezhou
Le Gonarezhou compterait un peu moins de 500 girafes

Mais quel plaisir de camper seul au monde dans cette nature sauvage. Vous pourriez entendre les lions rugir la nuit et apercevoir au réveil un éléphant à quelques mètres de votre tente. Et qui sait, vous figurerez peut-être parmi les plus chanceux qui ont aperçu les « big five » !

un impala au parc de Gonarezhou
Un impala mâle

Tiphanie François – Equipe Le Fil Rouge

Pour en savoir plus, visitez le site officiel des parcs nationaux du Zimbabwe mais aussi le site de la Frankfurt Zoological Society 
Découvrez la page Facebook du Gonarezhou National Park

 

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